Réforme du reste à charge zéro : pour les assureurs, « il va y avoir une augmentation des cotisations »

Par Martin Dumas Primbault
Publié le 07/11/2018
- Mis à jour le 15/07/2019

La directrice santé de la Fédération française de l'assurance (FFA) Véronique Cazals a évoqué ce mercredi, à l'occasion d'un débat du Café Nile, l'impact financier de la réforme baptisée « 100 % santé » qui prévoit un reste à charge zéro sur les prothèses dentaires, optiques et auditives d'ici à 2021. Le message est clair : en dépit des déclarations d'Agnès Buzyn, expliquant qu'aucune hausse des cotisations ne pourra être imputée directement à cette réforme, la porte-parole des assureurs privés affirme l'inverse.

Si elle salue « une avancée sociale que la FFA a accompagnée sans réserve », Véronique Cazals en est certaine : « Il va y avoir une augmentation des cotisations ». Pour autant, la directrice santé de la FFA admet que « tout le monde va payer » (régime obligatoire et complémentaires santé) et n'avance aucun chiffre précis de croissance des tarifs. Elle constate simplement une chose, « cette réforme ne pourra pas se faire à somme nulle ».

Les mutuelles ont déjà prévenu aussi

Cette conclusion va dans le sens du discours de la Mutualité française. À la fin du mois dernier, la FNMF a avancé la fourchette de 4 à 5 % de hausse des cotisations, étalée sur les trois prochaines années, pour les « petits contrats », c’est-à-dire ceux dont les garanties sont inférieures au panier de soins à reste à charge zéro. Une augmentation que devraient aussi connaître, mais dans une moindre mesure, les salariés couverts par des contrats collectifs. Il est « encore trop tôt pour mesurer précisément le coût de cette réforme pour les complémentaires santé, car il dépendra du recours aux paniers du reste à charge zéro », avait cependant tempéré la Mutualité. 

À ce stade, mutuelles comme assureurs privés misent sur le « comité de suivi » de la réforme 100 % santé (dès décembre). Le gouvernement a lui aussi prévenu qu'il veillerait de près au « respect de l'engagement » des complémentaires à maîtriser les cotisations.