Grand Débat : sollicités par l'Ordre, 3 000 médecins fixent leurs priorités face à un système « à bout de souffle »

Par
Martin Dumas Primbault -
Publié le 18/04/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Mieux vaut tard que jamais. Alors que le Premier ministre rendait public il y a dix jours les conclusions du « Grand Débat national », le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) a dévoilé les résultats d'une large enquête menée auprès des médecins dans ce même cadre.

Entre le 20 février et le 15 mars, l'institution a interrogé 3 434 médecins sur la formation, l'organisation territoriale des soins, le numérique et la démocratie sanitaire. Il en ressort une préoccupation centrale : les médecins « font état d'un système de santé à bout de souffle qu'il est urgent de réformer », synthétise le CNOM.

Trop de bureaucratie

À la question « Quel message voudriez-vous porter en tant que médecin dans le cadre du Grand Débat national ? », ils sont 36 % à répondre par une volonté de réforme conjointe de l'hôpital et de la médecine de ville qui favorise la coopération entre les deux secteurs.

L'accès aux soins est la deuxième préoccupation avec 20 % des messages les plus cités juste devant la surcharge administrative (18 %) et la formation (13 %). Les médecins interrogés donnent les mêmes priorités lorsqu'on les interroge sur les axes de réforme à privilégier dans le projet de loi « Ma santé 2022 ».

Sur l'organisation territoriale, 47 % des réponses appellent à une évolution du rôle de l'hôpital consistant à développer les structures de proximité et mieux coordonner les acteurs. Pour lutter contre les déserts médicaux, 43 % des répondants demandent des incitations financières à l'installation et la création de structures facilitant l'exercice médical (MSP notamment). Plus marginalement, les ARS sont accusées dans 10 % des réponses de « freiner les initiatives » et de « décider sans concerter ».

Côté formation, les médecins sont 50 % à tancer des études médicales trop « hospitalo-centrées » et 20 % à appeler de leurs vœux une révision du numerus clausus. Ils sont 14 % à vouloir humaniser les études aussi bien dans la sélection que dans les enseignements délivrés, une préoccupation affichée dans les réformes en cours.

Enfin, 59 % des praticiens veulent voir le médecin replacé au cœur des décisions et tancent le « tout administratif » des autorités de santé. Ils sont, là encore, 10 % à pointer le manque d'écoute des ARS...


Source : lequotidiendumedecin.fr