Vaccin contre la chlamydia : des premiers résultats encourageants chez la femme

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 19/08/2019

Crédit photo : Phanie

Testé au cours d'une étude de phase I britannico-danoise, un premier vaccin contre la chlamydia (Chlamydia trachomatis) a montré des résultats prometteurs en termes de sécurité mais aussi de réponse immunitaire. L'étude est parue dans « The Lancet Infectious diseases ».

La chlamydia est l'infection bactérienne sexuellement transmissible la plus courante. Son incidence est particulièrement élevée chez les jeunes. « Malgré la disponibilité à la fois de tests non invasifs sensibles et d'un traitement efficace, les programmes de dépistage et de traitement ciblés n'ont pas réussi à enrayer l'épidémie. Ainsi, un vaccin préventif efficace pourrait être la meilleure solution », indiquent les auteurs.

Un bon profil de tolérance

Ce nouveau vaccin est constitué de CTH522, une version modifiée d'une protéine de la membrane externe de C. trachomatis qui comprend des fragments des sérotypes D, E, F et G de la bactérie. CTH522 a été associée à un adjuvant : soit le composé liposomial CAF01 (CTH522 : CAF01) soit l'hydroxyde d'aluminium (CTH522 : AH).

Entre août 2016 et février 2017, 35 femmes en bonne santé ont été incluses dans l'essai : 15 ont reçu CTH522 : CAF01, 15 CTH522 : AH et 5 ont eu un placebo. Le vaccin et le placebo ont été administrés selon le même schéma : trois injections intramusculaires à 0, 1 et 4 mois, suivies de deux administrations intranasales à 4,5 et 5 mois (sans adjuvant cette fois).

Pour les 32 femmes qui ont terminé le protocole, aucun événement grave n'a été signalé, les deux types de vaccin ont été bien tolérés (critère primaire). Des réactions bénignes au site d'injection ont été rapportées chez l'ensemble des patientes vaccinées, contre 60 % du groupe placebo (soit trois personnes).

Une meilleure réponse avec l'adjuvant liposomial

L'immunogénicité a également été étudiée en tant que critère secondaire : les deux types de vaccins ont induit une réaction immunitaire chez tous les patients traités (avec production d'immunoglobulines G et d'interféron γ notamment). Par ailleurs, l'adjuvant CAF01 a induit une réponse immunitaire plus importante que l'hydroxyde d'aluminium.

Une étude de phase II est prévue à l'automne : « le profil prometteur d'innocuité et d'immunogénicité de CTH522 avec l'adjuvant CAF01 encourage la poursuite du développement clinique de ce vaccin contre la chlamydia génitale », estime les auteurs. Reste à démontrer que la réponse immunogène induite par le vaccin est bien protectrice face à une éventuelle infection.


Source : lequotidiendumedecin.fr