Un traitement encore plus efficace pour les patients coïnfectés par le VIH et l’hépatite C

- Publié le 22/07/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

Crédit photo : Phanie

D’après les résultats de deux études présentés cette semaine à la 8e conférence de l’International AIDS Society (IAS), à Vancouver, et publiées dans le « New England Journal of Medicine », la nouvelle génération d’inhibiteurs de protéases améliore les taux de réponse virologique soutenue des patients coïnfectés par le virus du VIH et le virus de l’hépatite C (VHC).

5 millions de patients concernés

On estime actuellement à 5 millions le nombre personnes coïnfectées par les deux virus. Ces patients présentent des risques de cirrhose, d’hépatocarcinome et de décompensation hépatique plus importants que les patients infectés par le HCV uniquement. Il s’agit également d’une population très difficile à traiter par la ribavirine et par l’interféron. La première génération des nouveaux antiviraux oraux, le bocéprévir (Victrelis, MSD France) et le télaprévir (Incivo, Janssen-Cilag), parviennent à éliminer le VHC chez 80 % des patients, avec néanmoins quelques soucis d’interactions médicamenteuses.

Sofosbuvir/dacaltasvir surtout efficace contre les génotypes 1 et 4

Dans la première étude présentée à l’IAS, ALLY-2, concernant l’association de l’inhibiteur de NS5A, daclatasvir (Daklinza, Bristol-Myers Squibb), et de l’inhibiteur de NS5B, sofosbuvir (Sovaldi, Gilead), les chercheurs ont recruté 203 patients coïnfectés, dont 151 n’avaient jamais été traités pour leur hépatite C, et 52 avaient été traités par interféron (50 patients) ou par association sofosbuvir/ribavirine (3 patients).

Les patients naïfs de tout traitement ont été répartis entre un groupe traité pendant 12 semaines, un autre pendant 8 semaines. Les patients qui avaient déjà été traités ont tous bénéficié de 12 semaines de traitement. Les auteurs précisent que 83 % des malades étaient infectés par un VHC de génotype 1, et que 14 % d’entre eux présentaient une cirrhose.

Une réponse virologique soutenue a été observée chez 97 % des patients naïfs traités pendant 12 semaines, 98,1 % des patients en échec d’un traitement précédent traités pendant 12 semaines, et 76 % des patients naïfs traités pendant 8 semaines. Si les virus de génotype 1 et 4 semblent très sensibles à cette combinaison, ce n’était pas le cas des génotypes 3.

96 % de réponse pour Harvoni sur le génotype 1

Les 335 patients de la seconde étude évaluant l’efficacité de 12 semaines de traitement par l’association fixe sofosbuvir/lédipasvir (Harvoni, Gilead) étaient pour leur part presque tous infectés par un VHC de génotype 1. Dans l’ensemble, 96 % des malades ont présenté une réponse virologique soutenue 12 semaines après la fin du traitement. Cette réponse était la même que les patients présentent une cirrhose ou non, et qu’ils aient déjà bénéficié d’un traitement ou non.