Près de la moitié des immigrés d’Afrique subsaharienne infectés par le VIH ont été contaminés après leur arrivée en France

Publié le 24/07/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

Entre 35 % et 49 % des immigrés originaires d’Afrique subsaharienne infectés par le VIH auraient contracté leur pathologie après leur arrivée en France – ce sont les résultats de l’étude ANRS PARCOURS, présentés lors de la 8e Conférence sur la pathogenèse du VIH, le traitement et la prévention, organisée par l’International AIDS Society (IAS) à Washington.

Lancée en 2012, l’étude « Parcours de vie, VIH et hépatite B chez les migrants africains en Ile-de-France » est une grande enquête menée pour caractériser les besoins de santé des migrants d’Afrique subsaharienne et améliorer les stratégies de prévention, de dépistages et de prise en charge des infections par le VIH et l’hépatite B. Dirigée par le Dr Annabel Desgrées du Loû, directrice de recherche à l’institut de recherche pour le développement (IRD), cette enquête vise à comprendre comment les facteurs sociaux et individuels se conjuguent, au cours du parcours de migration et d’installation en France, pour augmenter ou diminuer les risques d’infection par le VIH ou le virus de l’hépatite B.

Les immigrés représentent un tiers des nouveaux diagnostics

Selon les auteurs, les résultats de l’enquête PARCOURS sont importants pour adapter la stratégie de santé destinée à la population originaire d’Afrique, chez qui l’on réalise 31 % des diagnostics de VIH/sida chaque année en France.

Pour ses travaux, l’équipe a sélectionné des patients suivis pour une infection par le VIH dans les services spécialisés, des patients suivis dans les services hospitaliers d’hépatologie pour une hépatite B chronique, et des patients de la population générale consultant en centre de santé. Ils ont recruté 898 immigrés infectés par le VIH dans 24 centres.

Pour qu’un malade soit considéré comme ayant été infecté après son arrivée sur le territoire français, il fallait que le diagnostic ait été établi au moins 10 ans après son arrivé, qu’il ait déjà eu au moins un test négatif depuis son arrivée ou, pour les jeunes, que la première relation sexuelle ait eu lieu après leur arrivée.

L’incertitude des résultats vient du fait que plusieurs scénarios statistiques ont été envisagés par les auteurs, qui précisent que la proportion d’infection sur le territoire était plus faible chez les femmes (30 %) que chez les hommes (44 %) et augmentait avec le temps passé sur le territoire.

Damien Coulomb

Source : lequotidiendumedecin.fr