Pandémie Covid-19 et santé mentale des soignants : les femmes et les généralistes sont plus exposés au risque de SSPT

Par
Elsa Bellanger -
Publié le 28/05/2020

Crédit photo : AFP

L’expérience précoce de la Chine avait déjà apporté un éclairage sur les conséquences de la pandémie sur la santé mentale des soignants, exposés à un haut niveau de stress et à des situations traumatisantes. Une nouvelle étude, venue d’Italie, confirme un risque accru de troubles anxieux.

Parmi les 1 379 professionnels de santé qui ont complété un questionnaire en ligne du 27 au 31 mars, en plein pic de l’épidémie dans le pays, près de la moitié (49,38 %) a éprouvé un syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Ce taux monte à 52,77 % pour les soignants exerçant dans le nord de l’Italie, plus touché que le reste du pays. Des symptômes de dépression (24,73 %), d’anxiété (19,8 %), des insomnies (8,27 %) sont relevés, ainsi qu’un stress perçu élevé (21,9 %).

Un collègue atteint par le Covid-19 augmente aussi le risque

Plusieurs facteurs sont associés à un risque accru de troubles, comme le fait d’être en première ligne, le sexe féminin ou le jeune âge (et donc la moindre expérience). Les femmes seraient par exemple plus exposées au risque de SSPT (OR : 2,31) et de dépression (OR : 2,03) que les hommes.

« Les médecins généralistes étaient plus susceptibles de souffrir de SSPT que les autres professionnels de santé (OR : 1,75), tandis que les infirmières et les aides-soignants étaient plus susceptibles de souffrir d'insomnie grave (infirmières : OR à 2,03, aides-soignants : OR à 2,34) », notent ainsi les auteurs. Le fait d’avoir un collègue en quarantaine, hospitalisé ou décédé est aussi un facteur de risque accru pour le SSPT, les symptômes de dépression et l’insomnie.

En France, une étude avait également souligné l’importance des facteurs organisationnels sur la santé mentale des soignants, tels que le manque de protection individuelle, la réaffectation de postes, le manque de communication ou encore le manque de matériels de soins.

Consciente des enjeux, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait alerté, mi-mars, sur les risques pesant sur les professionnels de santé, les invitant à considérer la pression ressentie comme normale dans les circonstances actuelles.


Source : lequotidiendumedecin.fr