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Soins non programmés : la médecine de ville sous pression

Publié le 15/02/2018
Soins non programmés : la médecine de ville sous pression

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PHANIE

Douleur abdominale, plainte d'un enfant après une chute, urgence ressentie…: la prise en charge des demandes de soins non programmés, recours aux motifs divers mais traduisant le besoin du patient d'accéder à une consultation médicale dans un délai court (24 heures), est devenue un casse-tête pour la profession et une priorité gouvernementale.   

La médecine de ville est déjà en première ligne puisque la très grande majorité de ces recours non programmés ont lieu pendant les horaires d'ouverture des cabinets médicaux et représentent une part significative de l'activité des généralistes, au prix d'une surcharge de travail insoluble et d'une organisation perturbée de l'agenda génératrice de stress.

Il n'empêche… Sur les 20 millions de passages annuels aux urgences (dont 75 % aux heures d'ouverture des cabinets libéraux), près d'une consultation sur deux aurait pu être prise en charge par la médecine de ville, le plus souvent par un généraliste sans plateau technique. Avec la saturation des urgences hospitalières, la question de la présence médicale libérale et de la continuité des soins en ville est aujourd'hui posée. La permanence des soins ambulatoire (PDS-A, de 20 heures à 8 heures, les week-ends et jours fériés) est montrée du doigt, quinze après la fin des gardes obligatoires.

Un urgentiste en mission  

Agnès Buzyn a confié au Dr Thomas Mesnier, député LREM de la Charente et urgentiste, une mission pour trouver des solutions concrètes, en s'appuyant largement sur les organisations existantes.

Le parlementaire devra « identifier les freins » à lever, mais aussi les conditions de réussite pour organiser territorialement l’accès à ces consultations de soins non programmés. Des recommandations sont attendues touchant aux organisations locales, à l'articulation avec la PDS-A, aux tarifs et aux modèles économiques les plus pertinents, etc. Ce travail pourra s'appuyer sur les contributions existantes, les propositions des syndicats mais aussi les bonnes idées du terrain déjà expérimentées comme les unités de soins non programmées (lire ci-dessous).  

Les enjeux sont majeurs y compris pour la profession. Face à une démographie déclinante, il s'agit d'accélérer la réorganisation des soins primaires autour de modèles territoriaux qui concilient les attentes de la nouvelle génération et les impératifs de continuité des soins. Le bénéfice existe aussi pour les finances publiques. La Cour des comptes estime qu’une « réorientation » de 3,6 millions de passages annuels aux urgences vers une prise en charge en ville pourrait générer une économie de 500 millions d'euros. 

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