Santé familiale : la vente des médicaments en accès libre a dopé leurs prix, affirme une étude

Publié le 17/04/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Dix ans après l'autorisation de vente en accès libre des médicaments sans ordonnance (OTC), « les prix se sont envolés », selon l'association de consommateurs « Familles rurales » qui a publié les résultats de son étude annuelle sur les prix des médicaments. « Force est de constater que le gouvernement n'a pas réussi le pari d'offrir des prix publics concurrentiels et d'améliorer le pouvoir d'achat des citoyens », avec cette mesure, tacle l'association.

Depuis la création de son observatoire des médicaments en 2010, « Familles rurales » dit avoir constaté une hausse de 9 % du prix moyen de son « panier » de médicaments les plus fréquemment utilisés dans la santé familiale. Le prix de l'anti-inflammatoire Nurofen par exemple a bondi de 25 % depuis 2010, celui des pastilles pour la gorge Strepsils de 19 % et celui du médicament contre les aigreurs d'estomac Maalox de 12 %, selon l'association.

Du simple au triple

Familles rurales pointe aussi des écarts de prix très importants de ces médicaments, qui peuvent varier du simple au triple selon les pharmacies. En moyenne, l'écart constaté tourne autour de 190 %.

Sur un panel de pharmacies beaucoup plus large que celui analysé par Familles rurales (14 000 officines contre 84 pour l'association), la hausse des prix de vente des médicaments OTC a été de 6 % et non de 9 % depuis 2010, a corrigé Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), interrogé par l'AFP. « Les pharmaciens ont pris sur leur marge les augmentations des prix catalogue, les hausses de TVA et une partie de l'inflation », précise-t-il.

Familles rurales déplore aussi le délitement de l'information accessible, affirmant que « 75 % des boîtes sont dépourvues d'étiquette » indiquant leur prix, et que la moitié sont rangées sur des présentoirs situés derrière le comptoir des pharmacies.

Début avril, Agnès Buzyn s'est dite opposée à une proposition de l'Autorité de la concurrence d'autoriser la grande distribution à vendre des médicaments OTC, estimant qu'une telle réforme fragiliserait le réseau des pharmacies en milieu rural. Le gouvernement prévoit en revanche d'assouplir les modalités de vente sur internet de ces produits par les pharmacies, tout en veillant à la sécurité de ces achats.

La vente en ligne de médicaments sans ordonnance est marginale en France, bien qu'autorisée depuis fin 2012.