Plébiscite des délégations de tâches aux infirmiers ! Les Français prêts à bousculer le système de santé

Par Loan Tranthimy
Publié le 26/09/2019
- Mis à jour le 28/09/2019

Crédit photo : S. Toubon

Un sondage* IPSOS pour la Convention on Health Analysis and Management (CHAM, grand congrès santé qui s'ouvre ce vendredi à Chamonix) réalisé auprès de la population dans cinq pays européens (France, Allemagne, Italie, Suède et Portugal) révèle l'enthousiasme des Français pour certains transferts de tâches médicales aux paramédicaux. 

Ainsi, 82 % des Français interrogés se disent prêts à ce qu'un infirmier ayant reçu une formation adéquate puisse prescrire des analyses médicales et des radiographies (sans confirmation d'un médecin). Ce chiffre est nettement plus élevé dans l'Hexagone que dans la moyenne des pays européens (70 %), en Allemagne (56 %) ou en Italie (56 %).

Dans la même veine, trois quarts des Français (74 %) sont disposés à suivre un traitement médical prescrit par un infirmier formé s'agissant des « soins courants ». Les Italiens sont plus méfiants (51 % d'adhésion), tout comme les Allemands (62 %). 

Les Français veulent aller plus loin que leurs voisins dans la montée en compétence de l'infirmier. Une majorité d'individus (57 %) accepteraient qu'un infirmier puisse réaliser des soins impliquant des « petits gestes chirurgicaux » (toujours sans confirmation d'un praticien). C'est sept points de plus que l'ensemble des pays européens sondés et 17 points de plus que les Allemands…

« C'est un très bon signe, cela veut dire que les Français sont mûrs », a confié aux « Échos » le Pr Guy Vallancien, président de CHAM, grand avocat de la montée en puissance des autres professionnels de santé. Selon le célèbre chirurgien, jusqu'à 50 % des actes réservés aux médecins pourraient être délégués aux paramédicaux.

* Enquête CHAM/IPSOS. « La gouvernance sanitaire vue par les Européens ». Échantillons nationaux représentatifs de 200 personnes âgées de 18 ans et plus dans chacun des 5 pays, obtenus selon la méthode des quotas.


Source : lequotidiendumedecin.fr