Les anti-IVG ne désarment pas, Paris défend le libre choix des femmes

Publié le 11/09/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

Crédit photo : S TOUBON

À la veille des discussions au Sénat sur la loi de santé où sera abordée la question de l’évolution des pratiques des IVG en France, le Dr Bernard Jomier (adjoint à la mairie de Paris responsable de la santé, handicaps et relations sociales) a tenu à se rendre au planning familial du 2e arrondissement où il a annoncé des mesures pour faciliter l’accès à l’IVG.

Ce centre a été victime en juillet dernier d’une attaque perpétrée par des militants anti-IVG d’à peine 18 ans, membre de l’association SOS Tout-petits, présidée par le Dr Xavier Dor qui s’était déjà introduit en juin 2012 dans les locaux du planning. Le 1er septembre dernier, la Chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté le pourvoi du Dr Dor, maintenant sa condamnation du 27 octobre 2014 à 10 000 euros d’amende dont 5 000 euros avec sursis. « Le rejet de son pourvoi est un signal fort contre ces activistes qui croient pouvoir commettre leurs méfaits en toute impunité », souligne le planning.

Des anti-IVG encore très actifs

Selon Caroline Rebhi, animatrice au centre, « les attaques contre l’IVG sont de plus en plus nombreuses à Paris ». Le panneau d’affichage du planning est souvent tagué, des affiches anti-IVG placardées dans la ville, le site Internet planningfamilial75 est souvent la cible des anti-IVG, très actifs sur le Net. De plus, le centre dénonce le grand nombre de médecins cherchant à dissuader les femmes désireuses d’avorter. « Nous signalons ces médecins depuis longtemps à l’ARS et à l’Ordre des médecins… sans aucun effet », insiste l’animatrice Bénédicte Pauli.

Toutefois, l’activité du centre n’en a pas été affectée. Pour gérer les demandes, une collaboration étroite entre les plannings familiaux et les médecins généralistes s’est mise en place. Actuellement, à Paris, plus de 100 médecins généralistes pratiquent l’IVG médicamenteuse et ce chiffre est en augmentation. Le planning a également insisté sur les grandes inégalités d’accès et de pratiques au sein de la région Ile-de-France.

Quant à la question de la suppression du délai de réflexion (7 jours en France), en discussion au Sénat, elle semble dépassée. Les professionnels le reconnaissent : il n’est plus respecté depuis longtemps ! « Tout le monde est au courant, même les hôpitaux nous demandent parfois des certificats de la première visite médicale anti-datés pour pouvoir gérer la demande et l’urgence », expliquent les animatrices.

Des mesures pour améliorer l’accès

Dr Bernard Jomier a alors présenté au personnel 7 mesures phares élaborées au Conseil de Paris (en collaboration avec le Dr Prudhomme) visant à améliorer l’accès à l’IVG dans la capitale.

Ces mesures visent à l’amélioration de l’information, du remboursement et de la procédure d’anonymat (bloqués par la CPAM). Elles visent à garantir aux femmes le libre choix de la technique d’IVG à l’hôpital public. La création d’un circuit de prise en charge en urgence chez les femmes à la limite du délai légal, désirant avorter à Paris (rappelons que chaque année 5 000 femmes françaises avortent à l’étranger) est également au programme. Le planning insiste sur le fait que « l’IVG reste un acte urgent... Les hôpitaux ne remboursent pas totalement cet acte car la notion d’urgence est absente ».

Enfin, l’extension de la réalisation des IVG médicamenteuses à tous les centres de santé de Paris et centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) est « une mesure qui a été votée au Conseil de Paris en mars 2015 et qui prendra effet dès le début de l’automne », assure Dr Jomier.

Diane Damon

Source : lequotidiendumedecin.fr