VIH : la PrEP fait de plus en plus d'adeptes

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 03/12/2018
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Crédit photo : S. Toubon

Alors que la journée mondiale de lutte contre le sida a eu lieu le 1er décembre, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publie des données actualisées sur la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH-1. Le rapport montre que les utilisateurs de Truvada (ou de ses génériques) sont de plus en plus nombreux.

La PrEP consiste à prendre un médicament en prévention pour éviter une potentielle infection au VIH. Entre le 1er janvier 2016 et le 30 juin 2018, elle a été initiée chez 10 405 personnes, dont 53 % depuis juillet 2017. Au 1er semestre 2018, le nombre de nouveaux utilisateurs était de 507 par mois contre 347 sur toute la période janvier 2016-juin 2018.

Les données de l'ANSM permettent de dresser le profil des utilisateurs de PrEP : il s'agit majoritairement d'hommes (97,7 %), âgés en moyenne de 37,6 ans et vivant pour 48 % d'entre eux en Île-de-France. « En métropole, la distribution par région des initiations de PrEP reflète globalement celle des nouveaux diagnostics d'infection à VIH », souligne l'ANSM.

60 % de renouvellement

Seules 241 femmes ont débuté une PrEP. « Le traitement est probablement rarement proposé dans les situations exposant les femmes au risque d'acquisition du VIH (usagères de drogues injectables, travailleuses du sexe…) », commente l'ANSM.

Par ailleurs, depuis juillet 2017, le traitement a été renouvelé pour plus de 60 % des utilisateurs.

« Les indicateurs mesurés illustrent la lente mais réelle appropriation de cette stratégie de prévention en France, en particulier parmi les hommes ayant des rapports avec des hommes, à haut risque d’acquisition du VIH en métropole, conclut l'ANSM. Les efforts doivent être poursuivis afin d’assurer la plus grande accessibilité à la PrEP pour toutes les populations concernées en France. »

Le Truvada a d'abord été autorisé à partir du 1er janvier 2016 dans le cadre d'une recommandation temporaire d'utilisation (RTU). Depuis mars 2017, ce traitement bénéficie d'une extension d'autorisation de mise sur le marché en PrEP chez les adultes à haut risque de contamination (il était jusque-là indiqué pour le traitement de l'infection).


Source : lequotidiendumedecin.fr