Dossier

Constipation de l'enfant

Il faut suivre sérieusement les prescriptions

Publié le 12/09/2019 - Mis à jour le 12/09/2019
Il faut suivre sérieusement les prescriptions

Un traitement parfaitement codifié mais qui est souvent pas proposé ou pas suivi correctement
Phanie

La constipation de l'enfant doit être prise en charge de façon efficace et précoce afin d'améliorer le confort et d'éviter l'évolution vers des complications telles que l'encoprésie secondaire à des fécalomes par attitude de rétention. « Le traitement est parfaitement codifié mais n'est bien souvent pas proposé ou pas suivi correctement », souligne le Dr Olivier Mouterde (CHU Rouen), qui relève trois grands types d'erreurs.

Tout d'abord un recours aux mesures hygiénodiététiques, qui ne peuvent pas être efficaces chez un enfant ayant un fécalome et qui peuvent même exposer à des effets délétères propres, comme c'est le cas de la surconsommation d'eau très minéralisée. En second lieu un traitement par laxatifs trop court ou parfois arrêté de façon inappropriée face à des fuites fécales, considérées à tort par les parents comme de la diarrhée alors qu'il ne s'agit que d'un symptôme transitoire dans un contexte de désimpaction fécale (évacuation des fécalomes). Enfin, une mauvaise compréhension des mécanismes conduisant à l'encoprésie, qui résulte dans 90 % des cas d'une constipation compliquée de fécalomes. « On voit encore aujourd'hui des adolescents ayant une encoprésie depuis des années et qui portent des couches, avec des séquelles psychologiques et organiques à type de dilatation colique irréversible », rapporte le Dr Mouterde.

L'âge de début de la constipation signe le plus souvent sa cause : erreurs éducatives lors de l'acquisition de la propreté vers l'âge de deux ans, puis entrée en maternelle, en primaire et au collège à 3/6 et 11 ans, l'enfant se retenant volontairement pour ne pas fréquenter les toilettes de l'école. Mais à n'importe quel âge, un événement à l'origine de selles dures émises douloureusement peut déclencher un cercle vicieux de rétention, fécalome et douleurs à la défécation.

Une posologie adaptée

Les laxatifs constituent la pierre angulaire du traitement et doivent être utilisés de façon prolongée. Le macrogol, utilisable après l'âge de 6 mois, est le plus efficace, sans risque d'accoutumance. Il est prescrit à la dose de 0,4 g/kg en début de traitement, en une prise le matin. La posologie est adaptée non pas au jour le jour mais de semaine en semaine, jusqu'à l'objectif qui est d'obtenir des selles molles. Ce traitement doit être poursuivi pendant au moins 2 mois et au minimum un mois après la normalisation des selles. « Il doit en fait être prolongé autant que la constipation a duré, et au-delà de l'acquisition de la propreté si la constipation se manifeste à cet âge », précise le Dr Mouterde. Le macrogol peut aussi être utilisé en cas d'impaction fécale, à une dose plus élevée de 1,5 g/kg/jour pendant les premiers jours. Les parents doivent être prévenus du risque d'augmentation des fuites fécales jusqu'à l'évacuation du fécalome. Chez l'enfant à partir de 3 ans, les lavements à base de phosphate permettent de réduire l'inconfort lié aux fortes doses de laxatifs pour l'évacuation des fécalomes en début de traitement.

Une fois le fécalome évacué et les selles ramollies, les mesures préventives sont importantes pour éviter les récidives, fréquentes en cas d'encoprésie : apports hydriques et en fibres et activité physique en fonction de l'âge, présentation à la selle tous les jours même en l'absence de besoin ressenti, qui a souvent disparu chez ces enfants. Il est par exemple préconisé d'aller aux toilettes tous les soirs, lorsque l'enfant est à son domicile.

D’après un entretien avec le Dr Olivier Mouterde, CHU Rouen.

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