« Je garde chevillée au corps une notion archaïque : le secret médical est absolu »

Publié le 20/04/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

Coup de gueule, avis d’expert, coup de cœur ou témoignage… La rédaction du « Quotidien » distingue chaque semaine un ou plusieurs commentaires, parmi les centaines postés au fil des jours par les lecteurs internautes.

Les rumeurs de fichage de Gilets Jaunes blessés, lors de leur passage dans certains hôpitaux de l’AP-HP, circulent depuis la semaine dernière. Cette éventualité a fait réagir ce médecin retraité qui rappelle l’importance à ses yeux du respect du secret médical.

En 1968, j'étais en CPEM (on dirait aujourd'hui PACES) et les mêmes questions étaient déjà posées, sans doute avec raison : mieux valait se faire recoudre à la fac rue des Saints-Pères, par des carabins, qu'aux urgences de l’AP, car (la suite me l'a prouvé) le fichage existait déjà, même s'il n'était pas encore informatisé. Je n'ai aucune sympathie (ni antipathie) envers les gilets jaunes.
Récemment retraité, je garde chevillée au corps une notion archaïque : le secret médical est absolu. J'ai soigné des plaies par balles qui « ne voyaient pas le jour » avec ma totale désapprobation. Je passe sur bien d'autres "avortements criminels" (c'était le terme à l'époque, avant Mme Veil) et autres silences, qui sont mon honneur. Que l'on soit ou non en accord avec celui qui nous réclame nos soins, nous avons peu de choix. Soit soigner et fermer sa gueule à jamais, soit refuser de soigner, ou dénoncer, mais je n'ai pas envie de détruire mes nuits de sommeil pour le reste de mes jours, même s'il en reste peu.
J.J. T., Généraliste.

Posté le 19 avril 2019. Voir tous les commentaires sur le sujet : « Fichage des Gilets jaunes blessés dans les hôpitaux parisiens ? Des praticiens s'insurgent, l'AP-HP démine »


Source : lequotidiendumedecin.fr