Télémédecine : des idées à foison

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- Publié le Jeu 11/04/2019 - 00:00
Dossier

Le nouvel écosystème des consultations à distance

Télémédecine : des idées à foison

Publié le 11/04/2019 - Mis à jour le 15/07/2019
Télémédecine : des idées à foison

TELEMEDECINE
SEBASTIEN TOUBON

Six mois après le coup d'envoi de la téléconsultation remboursée, le premier bilan modeste ne doit pas masquer la dynamique.   

Certes, seulement 7 939 téléconsultations ont été prises en charge par l'assurance-maladie entre le 15 septembre et le 17 mars 2019, loin des 500 000 actes attendus la première année. Mais la CNAM souligne la montée en puissance. La réorganisation territoriale autour de CPTS référencées, le renfort des pharmaciens ou des infirmiers libéraux dopera la pratique dans les prochains mois, assure la caisse. Par ailleurs, de multiples initiatives se déploient toujours en dehors du cadre conventionnel (qui exige l'inscription dans le parcours de soins sauf dérogations). 

Que la télémédecine soit remboursée ou pas, les signaux positifs se multiplient. Du côté de l'exécutif, le cap de la transformation numérique est fixé avec un projet de loi santé qui comporte un large volet pour digitaliser le système de soins (généralisation des e-prescriptions ou encore télésoin pour les pharmaciens et infirmiers).

Conversion ?

Le grand public semble se convertir. Selon un sondage Harris Interactive pour la plateforme Livi, la télémédecine est jugée positive pour fluidifier le système de santé : 81 % des Français estiment que son développement serait efficace pour consulter un médecin plus facilement et 73 % pour lutter contre les déserts médicaux. Et 72 % estiment qu’elle permettra de réduire l’engorgement des urgences.

Des bénéfices économiques sont évalués. Selon une étude de la société IQVIA présentée fin 2018 par les industriels du médicament (LEEM), la télémédecine représente un gisement de 356 millions d'euros d'économies par an dans trois pathologies chroniques (HTA, cancer de la prostate et diabète de type 2).

Sur le terrain, les initiatives fleurissent. Dans le Loiret, plusieurs cabinets de téléconsultation sont implantés avec succès dans des communes rurales (lire ci-dessous). Le réseau officinal arrive en renfort comme à Fleury-Mérogis, où une pharmacienne propose la téléconsultation aux habitants de sa commune en mal de médecins (lire page 3). Des entreprises ou des mairies se laissent tenter par les solutions disruptives de jeunes pousses, comme les cabines clés en main.

Boulevard

La consolidation est en marche. Doctolib, leader de la prise de rendez-vous médicaux, vient de réaliser une levée de fonds de 150 millions d'euros, notamment pour accélérer sur le marché de la téléconsultation. La start-up tricolore MédecinDirect a annoncé son acquisition par Teladoc Health, groupe international spécialisé dans les soins à distance. Qare (soutenue par AXA) annoncera ce matin une levée de fonds de 20 millions d'euros et vise 15 000 praticiens partenaires d’ici à fin 2020. Docavenue (Cegedim), Acetiam (télémédecine multi-spécialités du groupe nehs*), MesDocteurs (groupe Vyv) ou encore Livi (suédois Kry) ambitionnent de tirer profit du marché prometteur de la télémédecine.

Même l'Ordre se positionne positivement. L'ubérisation, la déshumanisation de la médecine ? « Ce risque est un prétexte mettant en avant l'humanisme du contact en supposant que les moyens de communication sont dépourvus d'empathie. C'est faux », a recadré le Dr Jacques Lucas, délégué général au numérique, lors du congrès de la médecine générale. « Le plus grand danger serait de rester inerte, il y a une demande de la part des usagers ! Si vous ne le faites pas, vous laissez le boulevard à des plateformes qui proposeront des téléconsultations en dehors du parcours de soins ». De fait, quelque 100 000 consultations à distance auraient été réalisées hors parcours depuis six mois... 

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