Patients et médecins cibles de la répression en Syrie
Brève

Patients et médecins cibles de la répression en Syrie

26.10.2011

« Le gouvernement syrien a transformé les hôpitaux en instruments de répression alors qu’il met tout en œuvre pour écraser l’opposition », affirme Amnesty International dans un nouveau rapport. L’organisation dénonce le « climat de peur » qui règne dans les hôpitaux publics syriens, où les médecins comme les patients constituent des cibles pour un gouvernement qui tente d’écraser le soulèvement populaire qui agite le pays depuis mars dernier.

Dès le mois d’avril, une circulaire du directeur de l’hôpital militaire de Homs demandait à tous les hôpitaux publics et privés d’accepter tous les blessés et de leur délivrer les premiers secours, mais en ordonnant toutefois, explique Amnesty, que ces hôpitaux adressent les blessés à l’hôpital militaire et signale à la direction de l’hôpital tous les cas de blessures liées aux événements en cours. « Dans les premiers temps du soulèvement, j’ai soigné des blessés dans les zones de tirs avant de les adresser dans les hôpitaux d’État. Ils ont tous été arrêtés... et nous savions tous qu’ils allaient être sévèrement torturés. Je ne peux pas les envoyer à la torture », témoigne un médecin.

En Syrie, les médecins et les personnels soignants sont confrontés à ce type de dilemme : obéir et exposer leurs patients ; désobéir et s’exposer eux-mêmes. Le dilemme en cas de besoin d’une transfusion sanguine : faire une demande à la Banque centrale de sang et mettre le patient en danger ou trouver du sang par d’autres moyens et exposer « l’hôpital et nous-mêmes à des poursuites », explique un autre professionnel de santé.

Les médecins font partie des milliers de personnes arrêtées et torturées soit parce qu’ils ont soigné des blessés sans en avoir averti les autorités, soit parce qu’ils sont accusés d’avoir participé eux-mêmes aux manifestations antigouvernementales. Certains sont aussi accusés d’être impliqués aux côtés des fonctionnaires chargés de la sécurité, dans des agressions, des refus de soins à leurs patients ou d’avoir tout simplement perdu leur nécessaire neutralité : « Nous étions en train d’opérer un jeune garçon qui avait une plaie de l’abdomen quand le chirurgien principal déclara : "Bon Dieu, si cela avait été un opposant, j’aurais perforé l’artère principale et je l’aurais laissé mourir" », raconte un chirurgien.

 Dr L. A.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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