Une protéine chaperonne mutée favorise la chimiothérapie
Brève

Une protéine chaperonne mutée favorise la chimiothérapie

26.09.2011

Il n’est pas fréquent de parler de mutation favorable, elles sont bien souvent à risque. Ce qui ne donne que plus d’intérêt au travail de deux équipes françaises de l’INSERM, celles d’Alex Duval (UMRS 938, hôpital Saint-Antoine, Paris) et de Carmen Garrido (UMRS 866, Dijon). Elles ont mis au jour une variation d’une protéine chaperonne, HSP 110, susceptible de rendre les cellules cancéreuses plus sensibles à la chimiothérapie.

HSP 110 fait partie des protéines de choc thermique (Heat Shock Protein) essentielles à la survie de la cellule. Elles se comportent comme des capuchons moléculaires qui protègent d’autres protéines. Surexprimées dans les cellules tumorales, elles les protègent de la mort, notamment induite par les chimiothérapies. En pratique, la protéine mutante HSP 110 delta E9 se fixe sur HSP 110 normale dont elle modifie la localisation intracellulaire et bloque l’activité. L’inhibition porte sur l’activité chaperonne et sur la fonction antiapoptotique de HSP 110. La cellule perd ainsi l’un de ses moyens de défense et devient plus sensible à certaines chimiothérapies.

L’équipe s’est intéressée à des cellules d’une forme particulière de cancer colorectal, dit MSI (pour microsatellite instability), qui constitue environ 20 % de ces tumeurs. Elle a constaté l’existence de la protéine mutée dans 100 % des cas, mais à des taux variables. Ainsi, les patients qui expriment très fortement la protéine mutée (35 % des cas environ) se montrent très sensibles à la chimiothérapie : aucune rechute n’est mise en évidence dans ce groupe. Chez ceux qui expriment la protéine mutante à un moindre taux (65 % des cas), la réponse aux agents anticancéreux apparaît moins bonne, des récidives sont constatées. Les chimiothérapies testées se fondaient essentiellement sur l’oxaliplatine et le 5-fluorouracile.

Pour les chercheurs, la détermination du statut HPS 110 mutée permettrait de prédire la réponse thérapeutique du patient. D’autant que cette évaluation serait facilement réalisable en clinique.

« Nature Medicine » doi:10.1038/nm.2457.

 Dr G. B.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Agnès Buzyn écarte à nouveau la coercition à l'installation

Buzyn

Agnès Buzyn a écarté ce mercredi la proposition d'un conventionnement sélectif des médecins de secteur II dans les zones surdotées, piste... 1

Une étudiante en PACES de Marseille se suicide, la communauté médicale en émoi

suicide Fac marseille

Une étudiante inscrite en première année commune aux études de santé (PACES) à la faculté de médecine d'Aix-Marseille vient de se donner la... 6

Lévothyrox: le Conseil d'État donne raison au gouvernement dans sa gestion des effets indésirables

Levothyrox

Le Conseil d'État a donné raison ce 13 décembre au gouvernement, face à un patient traité avec le médicament Levothyrox, qui avait saisi en... 3

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter