Paiement à l'acte, à l'activité : « On ne sait pas ce qu'on paye », blâme la task force Aubert

Paiement à l'acte, à l'activité : « On ne sait pas ce qu'on paye », blâme la task force Aubert

Martin Dumas Primbault
| 16.04.2019

Invité ce mardi 16 avril des « Amphis de la santé »*, Didier Guidoni, membre de la task force sur la réforme du financement du système de santé, a fait le service après-vente du rapport Aubert. Intitulé « Vers un modèle de paiement combiné », celui-ci propose un big bang des modes de financement, sur lequel la ministre Agnès Buzyn devrait prononcer des arbitrages « dans une quinzaine de jours », a annoncé cet ancien directeur hospitalier.

Selon lui, il est impératif de limiter la part de paiement à l'acte ou à l'activité pour favoriser la qualité bien que ce mode de rémunération, encore largement dominant dans notre système aujourd'hui (63 % à l'hôpital et de 87 % pour les généralistes à 100 % pour d'autres spécialistes en ville), possède deux avantages. Il permet d'une part de répondre rapidement à la demande en soins courants pour des pathologies aiguës. Il incite d'autre part les professionnels à la productivité. « Si vous ne travaillez pas, vous ne gagnez rien », résume Didier Guidoni.

Mais son gros défaut, c'est qu'« on ne sait pas ce qu'on paye », a affirmé l'ancien directeur. Ni les usagers du système de santé, ni le régulateur n'ont l'assurance du résultat produit par chaque acte. Côté usager, « si le service n'est pas rendu, on a l'impression de s'être fait avoir », illustre Didier Guidoni. Côté régulateur, « est-ce que ce qu'on a payé correspond au service demandé ? On n'en sait rien », poursuit-il. Et de conclure : « On paye un acte, quelle que soit sa durée et quelle que soit sa qualité. »

Pauvre en qualité

Le chargé de mission va plus loin et affirme que « l'ensemble du système se moque complètement de la qualité ». Mis à part la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) pour les libéraux, « seulement 5 % de leur rémunération », et l'incitation financière pour l'amélioration de la qualité (IFAQ) du côté des établissements (200 millions d'euros sur 82 milliards d'euros de budget en 2019), le compte n'y est pas.

Pour y remédier, le rapport Aubert propose de remplacer une grande part du financement à l'acte par une série de rémunération plus transversale : au suivi, à la qualité et à la pertinence, à la séquence de soins et à la structuration du service. Didier Guidoni en est sûr, « il faut sortir de ce système qui fonctionne en tuyaux d'orgue ».

* Organisés conjointement par l'Association des cadres de l'industrie pharmaceutique (ACIP), la chaire ESSEC santé et « le Quotidien »

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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