Entretien avec le directeur général de l’IHU-ICAN - Pr Stéphane Hatem : « Nous avons participé à la progression des connaissances dans le domaine cardiométabolique »
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Entretien avec le directeur général de l’IHU-ICANPr Stéphane Hatem : « Nous avons participé à la progression des connaissances dans le domaine cardiométabolique »

24.01.2019
Le Pr Stéphane Hatem, professeur de physiologie cardiovasculaire à l’institut de cardiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) et directeur de recherche à l'INSERM, a pris ses fonctions à la tête de l'institut de cardiométabolisme et nutrition (ICAN) en janvier 2018. Il nous présente le fonctionnement et les missions de ce centre d'excellence scientifique et médicale.
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    Pr Stéphane Hatem : « Nous avons participé à la progression des connaissances dans le domaine cardiométabol...

LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN : Dans quel contexte a été créé l'ICAN et quel est son rôle ?

PR STÉPHANE HATEM : L'ICAN a été créé en 2011 dans le cadre du programme « Investissements d'avenir » (PIA) avec cinq autres centres d’excellence scientifique et médicale en France. L'objectif de ces instituts hospitalo-universitaires (IHU) : concentrer les investissements et regrouper sur un même site toutes les forces autour d'une thématique émergente afin de produire un effet levier et favoriser des développements aussi bien dans le domaine de la recherche que de la prise en charge des patients.

En quelques années, l'ICAN s'est intégré dans l'écosystème du cardiométabolisme à travers des moyens d'investigation uniques, comme des plateformes d'exploration ou des cohortes de patients.

Près de 400 médecins et chercheurs de l’AP-HP, de l'INSERM et de l’université Pierre et Marie Curie sont réunis à l'ICAN. Ce sont également plus de 40 000 patients par an qui y sont pris en charge.

Comment l'ICAN est-il financé ?

Le PIA apporte actuellement le financement le plus important, mais il s'agit d'un emprunt. Actuellement, deux tiers des ressources en sont tirées. Le tiers restant vient de ressources externes.

Afin de tendre vers un autofinancement, nous visons un financement 50/50 entre partenariats publics et privés.

Quels types de partenariats met en place l'ICAN ?

Un certain nombre de projets de recherche européens ont été mis en place à l'IHU. MetaCardis, lancé en 2012, a été le premier à être financé par l'Union européenne. Il s'agit d'une grande cohorte de suivi longitudinal incluant des patients présentant des maladies cardiométaboliques dont le but est d'étudier le rôle du microbiote intestinal dans ces maladies.

Du côté des partenariats privés, un certain nombre de contrats ont été obtenus avec les industriels du médicament, de la nutrition et de l'imagerie médicale et sont en train de s'amplifier. Un des effets positifs de l'IHU est aussi cette notion de guichet unique qui permet aux partenaires extérieurs d'accéder aux plateformes d'exploration et aux différentes ressources de l'ICAN, ce qui contribue à l'attractivité du site.

Ces partenariats privés s'articulent autour de la volonté de mettre en place des moyens qui vont bénéficier à la fois au monde académique et au monde privé. Ils ne sont pas strictement financiers.

Quel rôle a joué l'ICAN dans l'émergence du cardiométabolisme ?

Le nombre de publications dans le domaine cardiométabolique a commencé à décoller au moment de la création de l'IHU dans les années 2010-2011. Incontestablement, nous avons participé à la progression des connaissances dans le domaine cardiométabolique.

Nous avons notamment contribué à identifier le rôle du tissu gras autour du cœur et des oreillettes comme un facteur favorisant de la fibrillation atriale, le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque. Cette découverte est en train de modifier la prise en charge des patients. Les progès de l’imagerie cardiovasculaire auxquels nous avons contribués vont aussi modifier les pratiques cliniques.

Quels sont les enjeux des années à venir ?

Il va falloir développer des outils pour intégrer les données que nous produisons en grand nombre, y compris celles du métabolome, du génome, etc. afin de pouvoir réellement tendre vers une médecine personnalisée.

Ce sont des développements dans lesquels l'IHU s'inscrit en mettant en place des outils uniques, notamment dans le domaine de l'intelligence artificielle. Nous avons des équipes dédiées à ces travaux.

Lors de ses vœux à la presse le 15 janvier, le Dr Gilles Bloch, fraîchement nommé président-directeur général de l’INSERM, a évoqué les difficultés de l'ICAN. Qu'en est-il ?

L'ICAN est aujourd'hui à un moment stratégique. Comme pour tout projet innovant et vivant, des ajustements et des changements importants dans le fonctionnement de l’IHU, sa direction et ses relations avec les membres fondateurs (Sorbonne université, AP-HP et INSERM) sont effectués et se poursuivent dans la perspective de la pérennisation de l’IHU après 2019. Nous travaillons en ce moment avec les membres fondateurs sur le périmètre de l’IHU et son projet afin de lui permettre de développer tout son potentiel dans les prochaines années.

Propos recueillis par Charlène Catalifaud
Source : Le Quotidien du médecin n°9718

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