L'imagerie, un biomarqueur très performant du cardiométabolisme

L'imagerie, un biomarqueur très performant du cardiométabolisme

Dr Irène Drogou
| 24.01.2019
  • ICAN 2

    L'imagerie, un biomarqueur très performant du cardiométabolisme

« L'imagerie est le biomarqueur le plus avancé pour refléter le cardiométabolisme », rapporte Stéphane Hatem. Et l'ICAN mise beaucoup là-dessus avec l'acquisition d'une IRM entièrement dédiée. C'est grâce au scanner (TDM) coronaire que le lien très fort entre plaque athéromateuse coronaire et NASH a été mis en évidence en 2018 dans « Hepatology » chez 2 400 patients. 

En pratique de tous les jours, le score calcique (TDM cardiaque) développé il y a plus de 20 ans et le TDM coronaire (avec injection) sont des éléments de stratification qui arrivent aujourd'hui en pleine lumière. « Les recommandations européennes 2018 viennent d'ailleurs de changer en ce sens », rappelle Alban Redheuil.

Le score calcique est de plus en plus utilisé en population générale par les cardiologues et médecins généralistes pour mesurer le risque cardiovasculaire chez un patient asymptomatique ayant un risque pré-test intermédiaire d'avoir un événement à 10 ans.

Exploiter tout le potentiel du score calcique et du coroTDM

En recherche, l'imagerie de haute technologie a l'énorme atout d'être non invasive pour comprendre, diagnostiquer voire redéfinir en termes phénotypiques. 

Au sein de l'ICAN, des algorithmes définis à partir du score calcique ont déjà démarré pour définir le parcours de soins chez des patients diabétiques ou hypercholestérolémiques. « Le score calcique permet de mieux définir à qui donner des statines, relève le radiologue. Ce paramètre mène à un taux de reclassement de 30% par rapport au score calculé sur les facteurs de risque classiques. C'est une façon différente d'envisager les choses et d'aller vers une démédicalisation, notamment chez certains sujets âgés ». Parallèlement, l'IHU est en train d'explorer l'intérêt d'aller au-delà du score calcique et de mieux quantifier la plaque athéromateuse avec le TDM coronaire injecté chez certains patients, notamment en cas d'hypercholestérolémie familiale.

Une IRM dédiée au cardiométabolisme

Mais l'ICAN place ses plus grandes attentes dans leur IRM de dernière génération. « Cet outil va nous permettre de structurer des cohortes de patients, explique Alban Redheuil. L'imagerie de cohorte, c'est rare en dehors des neurosciences ».

Cette machine dernier cri va s'attaquer à la mesure du métabolisme du myocarde, du foie ou encore de la graisse. « Le métabolisme, c'est la dernière frontière de l'imagerie, estime le chercheur radiologue. Après l'anatomie statique, la description fonctionnelle, puis la composition tissulaire et l'imagerie de flux, on ouvre une nouvelle page ».

Photographier le stress oxydatif

Pour Stéphane Hatem, l'intérêt de l'IRM est de préciser le niveau de stress métabolique et de stress oxydatif au niveau tissulaire. « Le stress oxydatif du gras des coronaires est associé à l'évolutivité de la plaque d'athérome », indique Stéphane Hatem. Alban Redheuil pousse le concept plus loin, « l'avenir sera non plus au stress d'effort, mais au stress métabolique ». Dans la cardiopathie diabétique, la recherche s'annonce passionnante, s'enthousiasme Alban Redheuil. « Le diabète est-il un facteur de risque d'accélération de la microangiopathie ou est-ce un facteur causal de la dysfonction myocardique via le métabolisme oxydatif du myocarde », développe-t-il.

L'IRM de dernière génération est un outil de recherche en soi, capable d'intégrer les algorithmes définis par les équipes. Comment sera-t-il possible de généraliser ces nouvelles données à l'ensemble de la population ? « Cet outil sophistiqué permet avant tout de mieux comprendre, explique Alban Redheuil. Ensuite, la question sera de translater ce savoir à des techniques d'imagerie plus courantes. Cette imagerie très spécialisée devrait pouvoir être proposée à certaines populations sélectionnées, pour lesquelles il sera plus coût/efficace d'y avoir accès directement ».

 

A la une

add
dpc

Le DPC... de gré ou de force ! Après des pré-inscriptions massives par des robots, l'Agence riposte et rassure

De mémoire de syndicaliste, le Dr Bernard Ortolan, cadre de la CSMF et directeur scientifique d’Evolutis DPC, n’avait jamais vu cela. En quelques heures, samedi dernier, de nombreux confrères l’ont alerté de leur pré-inscription... 11

Une avancée pour préserver la fertilité des garçons prépubères traités par chimiothérapie

chimiotherapie

Comment préserver la fertilité des garçons prépubères avant chimio- et/ou radiothérapie ? Si la congélation de sperme peut être proposée... Commenter

Feu vert au « pharmacien prescripteur », les médecins sur les nerfs

mesnier pharmaciens

Le Dr Thomas Mesnier a donc persisté et signé ! Lors de l'examen de la loi de santé, l'Assemblée nationale a autorisé les pharmaciens à... 65

Les médecins franciliens se convertissent à la prise de rendez-vous en ligne mais se méfient de la concentration du secteur

rdv en ligne

Les plateformes de rendez-vous en ligne ont la cote chez les patients autant que chez les praticiens d'Ile-de-France. Près de deux tiers... 1

Vaccination obligatoire, quel bilan un an après ? Posez vos questions au Dr Daniel Lévy-Bruhl (Santé publique France)

Vaccination obligatoire, quel bilan un an après ? Posez vos questions au Dr Daniel Lévy-Bruhl (Santé publique France)-0

L’extension de l’obligation vaccinale (de 3 à 11 vaccins) est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Plus d’un an après, les premiers...

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter