Océan Indien : les internes tempêtent contre un coup de rabot salarial

Océan Indien : les internes tempêtent contre un coup de rabot salarial

Sophie Martos
| 13.09.2018
  • chu la reunion

    Océan Indien : les internes tempêtent contre un coup de rabot salarial

Le syndicat des internes de l'océan Indien (SIOC) s'alarme de la suppression de la sur-rémunération versée aux jeunes médecins arrivant à la Réunion ou à Mayotte pour réaliser un stage inter-CHU. Avec le soutien de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG) et l'Intersyndicale nationale des internes (ISNI), il demande la « sanctuarisation » de cette compensation financière.

Historiquement, les fonctionnaires et agents publics exerçant outre-mer disposent d’un complément de salaire répondant au besoin d’attractivité de ces territoires éloignés de la métropole et adapté au coût de la vie plus élevé. Une indemnité à laquelle les internes ont également droit. À titre d'exemple, un interne de première année en métropole gagne environ 1 300 euros brut par mois (hors gardes), selon le barème officiel publié au « Journal officiel ». À la Réunion, à ancienneté égale, un étudiant du 3e cycle touche près de 1 900 euros brut par mois. Dans le cas d'un stage inter-CHU, l'interne démarrant son activité dans l'océan Indien perçoit le versement d'une indemnité supplémentaire égale à 40 % de son salaire de base.

Mais depuis mai 2018, le CHU de la Réunion a mis fin au versement de cette indemnité auprès des internes en inter-CHU (hors subdivision), créant ainsi une inégalité de traitement entre les internes des mêmes promotions. Une vingtaine de jeunes médecins sont concernés. « Ces internes d'autres subdivisions construisent leurs dossiers parfois un an et demi à l'avance, explique Clémence El Maliki, présidente du SIOC. Lorsqu'ils arrivent, leur CHU d'origine verse leur salaire de base et le CHU de la Réunion ajoute le complément de salaire d'environ 40 % afin que leur rémunération soit égale aux internes de l'océan Indien. Ils ont été avertis trop tardivement… »

Les stages en cabinet libéral menacés ?

Représentatif des internes de l'océan Indien, le SIOC n'a un statut officiel que depuis juin 2018. Sa voix n'a pas été entendue dans cette affaire. « Le CHU ne nous a pas demandé notre avis sur la question. Ils ont motivé ce choix en utilisant le motif du déficit budgétaire comme motif », se désole Clémence El Maliki.

Pire, selon le syndicat, le CHU réunionnais envisage d'étendre la suppression de cette surrémunération aux stages ambulatoires des internes de l'océan Indien. « Cela concernerait principalement les stages dans un cabinet libéral pour les internes de médecine générale ou en gynécologie médicale, les seules spécialités offrant des stages en ambulatoire à ce jour à la Réunion », précise Clémence El Maliki. Des coupes budgétaires jugées « irrationnelles » pour les jeunes médecins qui ne souhaitent pas être des variables d'ajustement « d'institutions en déficit ». 

La suppression de cette compensation (pour les stages ambulatoires) pourrait avoir des effets délétères. « C'est un enjeu pour l'attractivité, explique Maxence Pithon, président de ISNAR-IMG. Les étudiants originaires de la Réunion et Mayotte souhaitant effectuer leur internat chez eux avec un projet professionnel à la clé seront freinés sans cette compensation. »

Contactée par « le Quotidien », la direction des affaires médicales du CHU de la Réunion n'a pu répondre à nos sollicitations.

[Mise à jour vendredi 14 septembre à 13h] Pour la direction des affaires médicales, plusieurs facteurs expliquent ce changement de situation. « Une réforme financière en 2016 a attribué l'enveloppe MERRI [missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation N.D.L.R] aux ARS des subdivisions d'origine des internes alors qu'avant nous avions directement une dotation », explique la direction. « Ce n'est pas une volonté de pénaliser ou de nuire aux internes », poursuit-elle. Le CHU a alerté les ministères de cette situation incohérente et réclamé un soutien financier. Selon les affaires médicales, aucune réponse n'a été apportée à ce jour par les tutelles.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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