Chik, Zika, et dengue : les médecins doivent être mieux formés et la population davantage sensibilisée

Chik, Zika, et dengue : les médecins doivent être mieux formés et la population davantage sensibilisée

Coline Garré
| 10.07.2018
  • Consult dengue

Les professionnels de santé devraient être mieux informés sur les arboviroses transmises par les moustiques Aedes, et le dispositif de surveillance gagnerait à être révisé, met en évidence le « bulletin épidémiologique hebdomadaire » (« BEH ») de ce 10 juillet.

En 2017, 37 cas de chikungunya (dont 20 importés), 269 cas de dengue (importés) et 28 cas d'infection à virus Zika (dont un autochtone) ont été notifiés. Plus de la moitié l'a été pendant la période de surveillance renforcée (du 1er mai au 30 novembre).

La dengue est l'arbovirose la plus fréquente ; l'épidémie qui sévit sur l'Île de La Réunion (plus de 3 400 cas début 2018) laisse craindre un risque d'introduction du virus en métropole. Le nombre de cas importés de Zika (27), en provenance majoritairement de Cuba, est bien moindre que l'an passé (625 cas le premier semestre), où sévissait une épidémie aux Antilles et en Amérique Latine. Sur la vingtaine de cas de chikungunya importés en 2017, un l'a été de l'Italie où sévissait une épidémie (plus de 400 cas). Il n'avait pas été identifié ; les cas autochtones l'ont été plus de 2 mois après le début de la transmission. « Le développement d'un foyer de chik en métropole, secondaire à une transmission détectée ou non dans un autre pays européen, est un risque plausible », écrivent les auteurs.

Un foyer de chikungunya lié à un problème de diagnostic

En outre, un foyer de 17 cas autochtones (15 confirmés, 2 probables) a été identifié dans le Var, entre début août et mi-septembre 2017. Ce fut le foyer le plus important en métropole. L'ampleur de cet épisode est liée en grande partie à l'absence d'un diagnostic d'arbovirus des deux premiers cas ayant consulté, indiquent les auteurs. « Ceci avait retardé la mise en place des interventions de démoustication et a pu contribuer au développement du foyer » lit-on.

Néanmoins, une fois le premier cas autochtone détecté, la réactivité avec laquelle les mesures de contrôle ont été prises a permis de contenir l'épidémie et de réduire le nombre de moustiques tigre adultes. Les auteurs plaident donc pour le renforcement des connaissances des professionnels de santé via des campagnes de formation au diagnostic de ces maladies et à la prescription des tests biologiques (les tests précoces de PCR doivent être privilégiés).

Recentrer la surveillance sur les cas confirmés

Santé publique France (SPF) pose aussi la question de la soutenabilité du dispositif actuel de surveillance.

Pendant la période de surveillance renforcée, les cas importés sont signalés dès la suspicion clinique et des investigations épidémiologiques et entomologiques - coûteuses pour les ARS et les opérateurs de démoustication - sont mises en œuvre sans attendre la confirmation des cas signalés. Or 63 % des cas signalés ont été infirmés. Et une modélisation montre qu'attendre la confirmation d'un cas suspect avant d'entreprendre les mesures de lutte antivectorielles n'aurait pas d'impact sur la survenue d'une épidémie. SPF suggère donc de renforcer le dispositif autour des cas confirmés.

Un dernier article du « BEH » identifie des leviers d'action pour améliorer la mobilisation sociale. « À l'échelle d'une communauté de vie, un effort collectif de tous ses membres est nécessaire », estiment les auteurs. Or les individus considèrent qu'il est de la responsabilité des pouvoirs publics de s'occuper des eaux stagnantes et lutter contre les gîtes larvaires.

Près de 3 700 personnes (vivant dans les départements où A. albopictus est implanté) ont répondu au Baromètre santé 2016. Leurs réponses révèlent que les comportements de prévention dépendent de la gêne ressentie vis-à-vis des moustiques, du sentiment d'exposition à la dengue et au chikungunya, et du sentiment d'être informé sur ces maladies. La peur ou l'anxiété jouent aussi, mais SPF déconseille d'utiliser ces registres. L'agence conseille de mettre l'accent sur le confort gagné par la lutte contre la nuisance, d'aider les gens à identifier le moustique tigre pour leur faire prendre conscience de leur exposition et de les informer, dès le plus jeune âge.

 

Déclenchement du niveau 4 du plan Orsec à La Réunion

Le préfet de La Réunion a déclenché le niveau 4 du dispositif contre la dengue, qui prévoit un renforcement de la mobilisation et de la prévention contre le moustique vecteur de la maladie.

Le passage au niveau 4 du plan Orsec, le dernier avant l'« épidémie de grande intensité », prévoit l'activation du régiment du service militaire adapté (RSMA) en appui des actions de lutte antivectorielle. Plus de contrats aidés « Parcours emploi compétence » (Pec) seront attribués aux associations spécialisées dans les opérations de nettoyage de l'espace public. Les actions de communication et d'information auprès des médecins, des laboratoires et du public seront renforcées. Des répulsifs seront aussi distribués auprès de publics cibles.

Ce train de mesures a été décidé en raison de la poursuite de l'épidémie de dengue à un niveau élevé malgré l'arrivée en juin dernier de l'hiver austral, une saison défavorable pour les moustiques. Du début de l'année au 10 juillet, 5 970 cas de dengue confirmés biologiquement ont été recensés. 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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