Prison avec sursis en appel pour le psychiatre du meurtrier de Grenoble

Prison avec sursis en appel pour le psychiatre du meurtrier de Grenoble

Coline Garré
| 15.05.2018

La cour d'appel de Grenoble a confirmé ce 14 mai la condamnation à 18 mois de prison avec sursis d'un psychiatre du Centre hospitalier de Saint-Egrève (Isère) dont un patient schizophrène avait tué un étudiant à Grenoble, en 2008.

Sujet à des hallucinations et à des pulsions morbides, Jean-Pierre Guillaud était régulièrement hospitalisé depuis la fin des années 1970 (6 séjours à Saint-Egrève et 10 hospitalisations entre 1980 et 2008). Il s'était échappé du Centre hospitalier de Saint-Egrève le 12 novembre 2008, avait pris le car pour Grenoble, acheté un couteau, et poignardé Luc Meunier, 26 ans, qui croisait sa route. 

Homicide involontaire 

Le Dr Lekhraj Gujadhur avait été condamné en première instance en décembre 2016 à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire ; lors de l'audience en appel, le 19 décembre dernier, cette même peine a été requise. L'arrêt rendu presque 5 mois après, confirme donc la sentence. 

Sur le fond, la justice reproche au Dr Gujadhur d'avoir failli dans le suivi de ce patient en n'ayant pas pris connaissance de son dossier durant les deux années où il était hospitalisé dans le pavillon dont il avait la responsabilité de fait.

« Un soulagement », a réagi l'avocat de la famille de Luc Meunier, Me Hervé Gerbi. 

Le Dr Lekhraj Gujadhur, aujourd'hui septuagénaire et retraité, n'était pas présent à l'énoncé du délibéré. Son avocat Me Jean-Yves Balestas a fait part de « sa grosse déception » ; « C'est assez probable qu'on se pourvoit en cassation », a-t-il précisé. La décision de justice « va bouleverser la pratique » psychiatrique, par crainte de poursuites judiciaires, assure-t-il.

L'hôpital de Saint-Egrève, contre qui le procureur avait retenu la « faute simple » a été relaxé en première instance et a reçu des financements pour améliorer son fonctionnement et clôturer son parc. Le patient avait lui été déclaré pénalement irresponsable en 2011. 

Nicolas Sarkozy, président de la République à l'époque des faits, s'était emparé de l'affaire et, au nom d'une réponse à apporter aux familles, avait proposé un arsenal de mesures renforçant la sécurisation des hôpitaux psychiatriques. Provoquant la colère du monde de la psychiatrie, qui se bat contre la stigmatisation des patients. Seulement 1 % des Français souffrent de schizophrénie et, parmi eux, 1 % sont dangereux.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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