Congrès de cancérologie (AACR) : les bons résultats de l'immunothérapie dans le cancer du poumon

Congrès de cancérologie (AACR) : les bons résultats de l'immunothérapie dans le cancer du poumon

Charlène Catalifaud
| 16.04.2018
  • cancer bronchique à...

    Congrès de cancérologie (AACR) : les bons résultats de l'immunothérapie dans le cancer du poumon

Le cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) a fait l'objet de plusieurs communications lors du congrès annuel de l'American Association for Cancer Research (AACR). Immunothérapie combinée à la chimiothérapie, association de deux immunothérapies et immunothérapie en néoadjuvant, les trois essais présentés se sont révélés concluants. Les résultats sont publiés dans « New England Journal of Medicine ».

Associé à la chimiothérapie, le pembrolizumab double la survie

Le pembrolizumab (anti-PD-1), associé à la chimiothérapie standard, améliore la survie globale et la survie sans progression, selon les données de l'essai KEYNOTE-189. Cet essai de phase III en double aveugle a été mené auprès de 616 patients ayant un CBNPC non squameux métastatique non traité sans mutation EGFR ou ALK. Le pembrolizumab a été comparé au placebo chez ces patients recevant une chimiothérapie standard (pemetrexed et cisplatine ou carboplatine) selon un ratio 2:1.

Après un suivi médian de 10,5 mois, les deux critères principaux, la survie globale et la survie sans progression, ont été améliorés chez les patients ayant reçu du pembrolizumab. En effet, la survie globale à 12 mois était de 69,2 % chez ces patients contre 49,4 % dans le groupe placebo. Un bénéfice est observé quel que soit le niveau d'expression de PD-L1 de la tumeur, même si le meilleur résultat est obtenu lorsque l'expression est ≥ 50 %. La médiane de survie sans progression était respectivement de 8,8 et de 4,9 mois. Le taux de réponse observé était également en faveur du pembrolizumab.

L'ajout de pembrolizumab à la chimiothérapie standard a entraîné une diminution du risque de décès et de progression de la maladie de 50 % comparé à la chimiothérapie seule, sans augmenter la fréquence des effets indésirables. Combinées aux résultats de KEYNOTE-024 qui a montré un bénéfice du pembrolizumab par rapport à la chimiothérapie chez des patients présentant un CBNPC avancé et une expression des cellules tumorales de PD-L1 d'au moins 50 %, « les données de KEYNOTE-189 suggèrent que l'introduction de l'immunothérapie en tant que traitement de première intention pourrait avoir des effets favorables à long terme sur les résultats », indiquent les auteurs.

Nivolumab-ipilimumab : le profil mutationnel de la tumeur, un biomarqueur efficace

Dans l'essai CHECKMATE 227, l'association nivolumab-ipilimumab augmente significativement la survie sans progression par rapport à la chimiothérapie chez les patients présentant un CBNPC avec un fort potentiel mutationnel (au moins 10 mutations par mégabase).

Cet essai de phase III a inclus des patients présentant un CBNPC de stade 4 ou récurrent non préalablement traités par chimiothérapie. Ceux présentant un niveau d'expression tumorale de PD-L1 ≥ 1 % ont été répartis en trois groupes : un groupe recevant la combinaison nivolumab-ipilimumab, un deuxième recevant du nivolumab en monothérapie et le dernier recevant une chimiothérapie. Ceux présentant un niveau d'expression inférieur à 1 % recevaient la combinaison nivolumab-ipilimumab, le nivolumab associé à la chimiothérapie ou bien la chimiothérapie seule.

Les résultats montrent qu'en première ligne, la combinaison nivolumab-ipilimumab est associée à une survie sans progression plus élevée qu'avec la chimiothérapie, quel que soit le niveau d'expression de PD-L1. Les auteurs indiquent qu'« une charge de mutation tumorale d'au moins 10 mutations par mégabase était un biomarqueur efficace ». Dans le cas de tumeurs à fort potentiel mutationnel, le taux de survie sans progression à 1 an est de 42,6 % avec l'association contre 13,2 % avec la chimiothérapie. La médiane de survie sans progression était respectivement de 7,2 et 5,5 mois.

« Ces résultats valident le bénéfice du nivolumab plus ipilimumab dans le CBNPC et le rôle du profil mutationnel de la tumeur en tant que biomarqueur pour la sélection des patients », concluent les auteurs.

Nivolumab en néoadjuvant : des résultats encourageants

La troisième étude, une étude pilote, a mis en évidence l'intérêt du nivolumab en néoadjuvant, chez des patients présentant un CBNPC précoce non traité et chirurgicalement résécable. Ces derniers ont reçu deux doses de nivolumab en intraveineuse à 2 semaines d'intervalle avant l'opération.

Le profil est acceptable, la sécurité étant l'un des critères principaux avec la faisabilité. De plus, la prise du nivolumab n'a pas retardé l'opération.

22 patients ont été inclus dans l'étude. Sur les 20 tumeurs qui ont pu être totalement réséquées, 9 (45 %) ont présenté une réponse pathologique majeure, que les tumeurs soient PD-L1 positives ou négatives. Selon les auteurs, ce résultat est encourageant, « tout comme le nombre relativement faible de récidives après une médiane d'1 an de suivi ». À 18 mois, le taux de survie sans récidive était de 73 %.

Chez huit des neuf patients avec une réponse majeure, le nombre de clones de lymphocytes T a augmenté aussi bien dans la tumeur que dans le sang périphérique, témoignant de la réponse au blocage de PD-1. Par ailleurs, le séquençage des tumeurs de 12 patients a montré que le profil mutationnel de la tumeur semble prédictif de la réponse au nivolumab.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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