Italie : une pétition en ligne pour obtenir la gratuité de la contraception

Italie : une pétition en ligne pour obtenir la gratuité de la contraception

12.01.2018

Augmenter la prévention pour réduire les grossesses non désirées et le risque de diffusion du virus HIV grâce à un accès gratuit à la contraception. C’est ce que réclame la pétition lancée sur le site Change.org par un groupe de gynécologues italiens.

À quinze jours du lancement, plus de 65 000 personnes ont signé la pétition en ligne. L’objectif de cette démarche est d’inverser la tendance « de l’ignorance collective ou des situations économiques difficiles qui pénalisent l’achat de préservatifs et de contraceptifs oraux », déclarent les spécialistes qui ont formé le comité à l’origine de la pétition. Adressée à Beatrice Lorenzin, l’actuelle ministre de la Santé, ce document demande la gratuité pour les préservatifs masculins et féminins, les spirales, les contraceptifs oraux, les patchs contraceptifs, les anneaux vaginaux et enfin, les implants contraceptifs sous-cutanés.

Rompre le tabou de la contraception

Pour défendre cette liste de moyens contraceptifs, le comité s'appuie sur des études scientifiques démontrant, leur sécurité, leur simplicité et leur efficacité. Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large d'une campagne de sensibilisation réclamée par de nombreux praticiens italiens pour rompre le mur du silence qui entoure la contraception. L’absence d’information, l'insuffisance d'accès aux moyens de contraception ou de protection – les derniers modèles de pilules ne sont plus pris en charge depuis juillet 2016 – favorisent le risque de grossesse non désirée, notamment en milieu scolaire et la diffusion du virus du sida (VIH).

Selon les estimations de Sigo, la société italienne de gynécologie et obstétrique, seulement 16 % des femmes prennent la pilule en Italie et 42 % des moins de 25 ans n’utilisent aucun contraceptif durant leurs premiers rapports sexuels. Pour le département d’endocrinologie de l’université de Padoue, quatre jeunes sur dix n’utilisent pas de préservatifs. « Pour réduire l’inégalité économique et territoriale et garantir l’accès aux structures à tous, il faut agir vite et bien de façon capillaire », estime le Dr Pietro Puzzi, gynécologue et membre du comité pour la contraception gratuite.

De notre correspondante, Ariel F. Dumont
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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