La biopsie liquide, un test prometteur, pour le suivi du gliome du tronc cérébral de l’enfant

La biopsie liquide, un test prometteur, pour le suivi du gliome du tronc cérébral de l’enfant

Dr Véronique Nguyen
| 10.11.2017
  • Biopsie liquide

    La biopsie liquide, un test prometteur, pour le suivi du gliome du tronc cérébral de l’enfant

Le gliome infiltrant du tronc cérébral (DIPG), un cancer de l’enfant au très sombre pronostic, peut être détecté par des fragments d’ADN libérés dans le sang et le liquide céphalorachidien, révèle une équipe américaine qui ouvre la perspective de biopsies liquides pour mieux surveiller la réponse tumorale au traitement.

« Les liquides corporels, comme le sang et le liquide céphalorachidien (LCR), sont de bons milieux pour détecter et quantifier le taux d'ADN tumoral circulant dans ce type de gliome pédiatrique. La biopsie liquide pourrait offrir une alternative prometteuse aux biopsies tissulaires et à l’examen IRM pour renseigner plus tôt sur la réponse des tumeurs au traitement ou sur leur récurrence », estime le Pr Javad Nazarian du Children’s National Health System à Washington (DC), qui a dirigé l’étude présentée au congrès annuel de la Society for Neuro-Oncology (SNO) à San Francisco.

« Nous continuons de repousser les limites pour trouver des voies porteuses d'espoir pour ces enfants et leurs familles qui sont confrontés à un avenir sombre. En identifiant ces tumeurs lorsqu'elles sont petites et potentiellement plus sensibles au traitement, notre but ultime est d'aider les enfants à vivre plus longtemps », explique la chercheuse Eshini Panditharatna, première signataire de l'étude. « En outre, nous espérons que le groupe de tests que nous élaborons permettra de distinguer quels sont les traitements les plus efficaces pour faire régresser ces tumeurs mortelles. »

Des mutations de l'histone 3 K27M

Le gliome diffus du tronc cérébral est un cancer de l’enfant très agressif et rapidement fatal. La survie médiane est de 9 mois et seulement 5 % des enfants affectés survivent plus de 2 ans après le diagnostic. Ces tumeurs sont difficiles d’accès et récidivent souvent après le traitement standard par radiothérapie. L’IRM, qui représente l’examen de référence pour évaluer la croissance tumorale, est souvent peu sensible pour détecter rapidement la régression ou la progression de ce cancer. Ces cancers représentent donc un immense défi.


Des efforts de recherche commencent depuis peu à porter leurs fruits. L’étude biopsique de ces tumeurs a permis de découvrir des mutations somatiques favorisant le cancer, notamment des mutations de l'histone 3 K27M (H3K27M) trouvées dans plus de 80 % des DIPG, ce qui a permis d’identifier des thérapies ciblées pouvant être évaluées dans des essais.

L’équipe du Pr Nazarian suggère maintenant la possibilité d’une « biopsie liquide », détectant l’ADN tumoral circulant (ADNtc) dans le sang ou le LCR des patients, offrant une alternative à la biopsie tissulaire et à l’IRM pour le suivi des patients. Panditharatna et coll. ont analysé des échantillons de LCR et de sang recueillis au moment du diagnostic puis durant la progression du cancer chez une vingtaine d’enfants présentant un DIPG et participant à un essai de phase 1. Ils ont utilisé une technique très sensible de PCR digitale capable de quantifier chaque molécule d’ADN.

Les chercheurs ont réussi à détecter dans le LCR et le sang des patients les principales mutations à l'origine du DIPG, notamment les mutations H3F3A, HIST1H3B et ACVR1. « Nous avons détecté H3K27M, une mutation majeure du DIPG, dans environ 80 % des échantillons initiaux de LCR et de sang », précise le Dr Panditharatna. « Comme dans les cancers du système nerveux central de l’adulte, nous avons détecté des taux plus élevés d’ADN tumoral circulant dans le LCR que dans le sang des enfants. Toutefois, l’analyse longitudinale des échantillons sanguins montre une forte baisse de l’ADNtc après radiothérapie chez 80 % des enfants (12 sur 15) », ajoute-t-elle. Ces enfants ont été classés comme répondeurs, la baisse de l’ADNtc dans le sang étant corrélée à la taille réduite de la tumeur sur l’IRM.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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