Des lésions cérébrales persistent des années après l’infection par le virus du Nil Occidental

Des lésions cérébrales persistent des années après l’infection par le virus du Nil Occidental

Fabienne Rigal
| 08.11.2017
  • west nil

    Des lésions cérébrales persistent des années après l’infection par le virus du Nil Occidental

Des dommages cérébraux sont observés jusqu’à 8 ans après l’infection chez les patients infectés par le virus du Nil Occidental (ou virus du West Nile), même quand leurs symptômes ont été modérés ou nuls. C’est ce que révèle une étude présentée au 66e congrès annuel de la société américaine de médecine tropicale et d’hygiène (ASTMH).

Cette étude est la première à associer les troubles neurologiques associés à la maladie (troubles musculaires ou de mémoire, tremblements) aux lésions cérébrales observées par IRM. Les chercheurs ont inclus 262 personnes (dans la région de Houston au Texas, particulièrement touchée par les moustiques vecteurs) entre 2002 et 2012. Des troubles neurologiques ont été recherchés parmi 117 d’entre eux et les tests ont révélé que 57 (soit 49 %) en souffraient. Plus précisément, 30 (26 %) montraient une faiblesse musculaire, 16 (14 %) des troubles des réflexes, et 12 (10 %) des tremblements.

Des anomalies même chez les sujets asymptomatiques

Parmi les 57 personnes présentant ces troubles neurologiques, 30 ont subi une IRM cérébrale, qui a révélé des anomalies de différentes parties du cortex cérébral. Des signes de dégénérescence ou d’atrophie ont en effet été observés au niveau du cerebellum (ce qui peut affecter le mouvement et l’équilibre), le tronc cérébral (qui a un rôle dans la respiration, la parole ou les cycles du sommeil) et le thalamus (qui pourrait être impliqué dans les tremblements et les problèmes concernant les réflexes).

Désordres neurologiques et anomalies cérébrales ont même été observés chez des personnes n’ayant pas ressenti de symptômes initialement : parmi les 57 personnes présentant des troubles neurologiques, 7 d’entre elles étaient dans ce cas (elles avaient été recrutées dans l’étude à la suite d'un test de routine lors d'un don de sang). « Nos découvertes confirment les précédentes études montrant que le virus du Nil Occidental est une importante menace sanitaire », insiste le Dr Kristy Murray, auteure principale de l’étude. « Il mérite beaucoup plus d’attention parce qu’il n’y a toujours pas de médicaments pour la traiter ni de vaccin pour la prévenir (…) et il serait important d’évaluer régulièrement les personnes infectées à la recherche de signes précoces de déficits ».

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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