Ces médecins accros à Snapchat ou Instagram

Ces médecins accros à Snapchat ou Instagram

23.09.2017
Depuis 2013, les réseaux sociaux ont subi une révolution avec l’arrivée de Snapchat et ses concurrents qui permettent de poster des photos et des textes avec une durée de publication limitée à 24 heures et s’effacent automatiquement. Les ados se sont rués sur cette application, des médecins aussi. Certains pour faciliter leur pratique médicale, d’autres pour communiquer autour de leurs activités. Le risque de dérives est grand…
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    Ces médecins accros à Snapchat ou Instagram

Facebook, c’est complètement dépassé… Dépassé par quoi ? Par les « Stories » une fonctionnalité des applications Snapchat, Instagram et WhatsApp. Depuis 2013, le pionnier Snapchat propose le partage de texte, de photos et de vidéos pour une durée limitée à 24 heures. Une solution pour éviter de traîner des « dossiers » compromettants à long terme, même s’il est toujours possible de faire des captures d’images (qui sont signalées à l’auteur).

Les plus jeunes se sont rués sur ce nouveau mode de communication, et certains médecins aussi.

En Grande-Bretagne, pour pallier les insuffisances du NHS

À Londres, comme dans toutes les villes britanniques, les médecins du NHS n’ont pas à leur disposition de flux de transfert de données et d’images sécurisés. Alors que leur reste-t-il pour échanger entre confrères ?

Le fax, majoritairement. Le NHS est d'ailleurs encore en 2017 le plus gros acheteur mondial de machines fax et de fournitures. Toutefois, depuis 2013, poussés par les plus jeunes, les médecins ont pris l’habitude de recourir à Snapchat : les informations – radios, photos, dossiers – peuvent être partagées en communauté avec une protection toute relative des données puisqu’elles ne sont pas conservées.

Le Dr Julian Huppert, ancien député et rédacteur en chef de la revue The Lancet, a estimé qu'il était « difficile de critiquer ces personnes car elles font juste leur travail et qu’elles utilisent un moyen de communication qui leur permet d’améliorer leurs prises en charge », ajoutant : « Mais l’absence de sécurité dans la transmission d’images doit être un frein, cet arrangement ne peut pas être pérenne… »

En attendant que le NHS prenne le tournant du transfert d’images sécurisé, Snapchat a encore de beaux jours devant lui en Grande-Bretagne.

En France, pour aider les jeunes PACES et plus

Depuis début 2017, un étudiant de 5e année à la faculté de médecine de Créteil a eu l’honneur de plusieurs articles de presse : on y évoque par exemple un « pédagogue des hôpitaux » qui « raconte son quotidien à l’hôpital entre pauses-café et massage cardiaque ». Sacha D. parle de son implication auprès les lycéens afin de répondre aux questions. Il décrit, grâce à ses images, sa vie et celle de ses condisciples. Il insiste sur idée de « prendre par la main, via Snapchat, les lycéens et leur donner ce que moi j’ai mis un an à comprendre ». Sacha a en effet redoublé sa PACES.

Fort de ses 1 500 abonnées, il propose désormais sur con compte ESDOC des stories de 10 secondes à 40 secondes à destination des étudiants les plus jeunes.

Totalement désintéressé ? Par sûr, ce jeune étudiant est par ailleurs CEO du Projet Primant, une entreprise qui propose, pour 1 599 euros, une préparation spécifique des étudiants de terminale à la PACES, avec un taux de réussite allégué de 70 %.

Aux États-Unis, pour accroître sa patientèle

Le Dr Matthew Schulman est un chirurgien plasticien new-yorkais qui très tôt a imaginé que Snapchat pouvait devenir un outil de communication vis-à-vis de potentiels patients. Et ça marche… Chaque jour, les Stories du Dr Schulman sont regardées par plus de 3,5 millions de personnes, dont 1 million d’abonnés à son compte (des patients principalement).

Une de ses infirmières se place derrière lui et filme toutes les étapes de l’intervention, que le chirurgien commente pour les personnes qui le suivent.

À son sens, il s’agit de démystifier et de déstigmatiser la chirurgie plastique – lorsque l’on voit une de ses assistantes brandir les restes d’une abdominoplatsie, on peut s'interroger...

Les « meilleures » de ses interventions sont disponibles par la suite sur sa chaîne You Tube.

Et le Dr Shulman n’est pas le seul dans ce cas, d’autres chirurgiens plasticien ont acquis une célébrité dans la planète Snapchat, « le Dr Miami » Michael Slazhauer, par exemple.

À tel point que des confrères chirurgiens esthétiques s’alarment et estiment que la mise en scène des interventions nuit à la concentration du chirurgien.

En Australie, le recours à Snapchat est désormais interdit dans plusieurs hôpitaux.

Dr Mike, soignant ou mannequin 

Que recherche le Dr Mike Varshavski à s’afficher régulièrement sur Snapchat, Instagram, Twitter et Facebook ? Ce jeune médecin, qui revendique plus de 2 millions d'abonnés à ses différents médias sociaux a été élu par le magazine américain People, « le médecin le plus sexy » de 2017. Il est vrai qu’il partage régulièrement des instants de vie – dans lesquels il est toujours à son avantage : à l’hôpital, au sport, en vacances, avec ses chiens, ses confrères… Lire la suite

De la pédagogie avec des lunettes caméra

En 2016, un médecin britannique, le Dr Shafi Ahmed, a proposé sur Snapchat de suivre une de ses interventions alors qu’il portait les lunettes Spectacles, connectées directement à l’application et qui filment par intervalles de 10 secondes. Son but était pédagogique avant tout.
Le choix d'utiliser les lunettes permet de suivre les gestes du chirurgien avec précision (dans ce cas une hernie inguinale).
150 à 200 étudiants ont regardé l’intervention en direct, et plusieurs centaines l'ont visionnée dans les 24 heures.
Les retours d’étudiants – en particuliers de ceux de pays en développement – sont enthousiastes. Ils y voient, comme le Dr Ahmed, une autre façon de transmettre le savoir avec des moyens simples de communication accessibles à tous.
Le résultat des séquences de 10 secondes – déclenchées par un assistant qui a passé l'intervention à côté du Dr Ahmed – mises bout à bout, est visible sur You Tube.

En complément de l’article

Dr I. C.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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