En Alsace, un portail de partage d'imagerie doit encore convaincre les médecins libéraux

En Alsace, un portail de partage d'imagerie doit encore convaincre les médecins libéraux

Denis Durand de Bousingen
| 10.07.2017
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Développé au sein du groupement de coopération sanitaire « Alsace e-santé », le service d’imagerie médicale en région Alsace (SIMRAL) doit permettre aux hôpitaux, aux médecins du Haut- et du Bas-Rhin de partager par Internet toute l’imagerie de leurs patients. Les usagers peuvent également accéder au service et consulter examens et comptes rendus sur le portail sécurisé. Mais si les hôpitaux publics s’enthousiasment pour le dispositif, les médecins libéraux, notamment les radiologues, se montrent pour le moment réservés.

Éviter les redondances

Lancé officiellement fin juin, SIMRAL fait actuellement l’objet de présentations pour les médecins dans les principaux établissements de la région. Les hôpitaux alsaciens « produisent » chaque année un million d’images (radios, scanners, IRM, échographies...), dont 50 % sont le fait de cinq établissements dont le CHU et le centre anti cancéreux de Strasbourg, ainsi que les hôpitaux de Mulhouse/ Sud Alsace, Saverne et Wissembourg qui constituent les premiers adhérents au dispositif. Comme l’explique le Dr Catherine Turnami, directrice du pôle imagerie du groupement hospitalier de Mulhouse/ Sud Alsace, SIMRAL permet d’éviter les redondances lorsque des examens sont pratiqués dans des hôpitaux différents (et réduire les risques liés au cumul des doses). Le portail limite également les temps d’attente des images tout en réduisant les risques de perte de dossiers.

Selon le GCS Alsace Santé, 1 700 examens ont déjà été partagés sur SIMRAL et plus de 500 patients ont donné leur consentement à ce nouveau service.

Un modèle économique décrié par les libéraux

La branche alsacienne de l’URPS médecins du Grand Est s’est fortement engagée dans le projet. Principal artisan du dossier au sein de cette structure, le Dr Pascal Charles (CSMF) s’attend à ce que les libéraux s’inscrivent rapidement au service, même si nombre d’entre eux se disent certes prêts à l’utiliser, mais refusent de l’approvisionner avec leurs propres images pour des raisons de coût. En effet, le modèle économique de SIMRAL est basé sur le principe du « fournisseur payeur ». Lorsqu’un médecin archive une image en ligne, il paye 57 centimes, mais la consultation du document est gratuite pour les autres praticiens.

Beaucoup de professionnels potentiellement « producteurs d’image » renâclent à payer cette somme, et trouvent par ailleurs que le système est encore trop lourd. Les radiologues libéraux, en particulier, ne fournissent donc aucune image à SIMRAL pour le moment, pas plus que d’autres producteurs potentiels comme les chirurgiens ou les gastro-entérologues. En outre, estime le Dr Claude Bronner (FMF), toujours au nom de l’URPS, les généralistes sont certes intéressés par l'obtention rapide des images et des clichés, mais attendent avant tout une réception rapide et facile des comptes rendus de sortie, qui doivent, selon lui, compléter le dispositif.

Expérimentation par des libéraux

Largement financé par l’ARS, SIMRAL doit donc maintenant se faire adopter non seulement par les autres établissements qui ne l’utilisent pas encore, mais aussi et surtout par les libéraux, à la fois « récepteurs » et « producteurs ». Actuellement, huit médecins libéraux du secteur de Wissembourg sont en train de l’expérimenter. C’est à cette condition que le renforcement des relations ville-hôpital réclamé par tous pourra se concrétiser. Enfin, ont rappelé les promoteurs du service lors de sa présentation, un modèle équivalent devrait prochainement voir le jour en Lorraine, et SIMRAL pourrait aussi, grâce notamment aux réseaux internationaux de coopération du CHU de Strasbourg, se développer dans d’autres parties du monde.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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