DPC : les autorités s'engagent contre les dérives sectaires et pratiques déviantes

DPC : les autorités s'engagent contre les dérives sectaires et pratiques déviantes

Christophe Gattuso
| 30.05.2017
  • dpc

    DPC : les autorités s'engagent contre les dérives sectaires et pratiques déviantes

L'agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC) et la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) ont signé ce mardi une convention pour coordonner leurs actions dans le repérage de pratiques alternatives déviantes dans le champ de la formation continue.

« L'enjeu de ce partenariat est de préserver le secteur de la formation en santé de l'entrisme potentiel de certains courants à la recherche de caution scientifique », explique l'ANDPC. L'agence et la MIVILUDES s'engagent à veiller à l'information des 1,7 million de professionnels de santé concernés et à la qualité de leur formation continue. Concrètement, les personnels de l'agence seront formés à la détection des opérateurs déviants. Les deux institutions échangeront des informations portant sur les signalements de situations à risque et sur les formations au contenu scientifique défaillant.

1 000 signalements à la MIVILUDES en lien avec la santé

« L'agence a pour mission d'évaluer les actions et les organismes de DPC, explique sa directrice générale Michèle Lenoir-Salfati. Il nous a semblé important de donner des outils d'aide à la décision quand des actions posent problème. » Cette opération est menée avec l'appui du comité d'éthique et le soutien du haut conseil du DPC et des sept commissions scientifiques indépendantes (CSI) des professions de santé, a indiqué la patronne de l'agence.

La question des dérives sectaires dans le domaine sanitaire est une préoccupation prioritaire des autorités. « Sur les 2 500 signalements que nous recevons chaque année à la MIVILUDES, un millier concerne la santé, affirme le Dr Serge Blisko, président de la mission interministérielle. Il s'agit de faits inappropriés, de pratiques non conventionnelles qui posent problème. Nous essayons de repérer les dérives thérapeutiques qui peuvent représenter une perte de chance pour le patient. »

La moitié des actions recalées car non conformes

L'ANDPC s'alarme au passage de l'intérêt que portent les soignants à certaines pratiques non validées scientifiquement. « L'engouement des professionnels de santé pour ces thérapeutiques alternatives nous interpelle, déclare Michèle Lenoir-Salfati. On a affaire à un système de santé bis. Or, former les professionnels à ces techniques n'est pas l'objet du DPC. »

Aujourd'hui, une action de DPC sur deux reçoit un avis défavorable en CSI, affirme la directrice de l'agence. Parmi les pratiques mises en cause, l'ANDPC et la MIVILUDES citent l'hypnose (« On a l'impression que la moitié de la France hypnotise l'autre », affirme la directrice de l'agence), les massages, l'aromathérapie, la méditation de pleine conscience ou encore la fasciathérapie.

« L'époque où l'on vendait des produits de perlimpinpin a tendance à disparaître, analyse le Dr Blisko. Aujourd'hui des gens essaient de vendre des méthodes non médicamenteuses qui peuvent les détourner de la médecine traditionnelle. »

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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