Dénonçant « l'aumône » du 1er  mai, un médecin décide de garder le C à 23 euros !

Dénonçant « l'aumône » du 1er  mai, un médecin décide de garder le C à 23 euros !

Marie Foult
| 19.05.2017
  • 23

C'est sans doute un cas unique : à l'heure où les médecins généralistes à tarifs opposables et maîtrisés ont vu leur consultation de référence (G) passer à 25 euros depuis le 1er mai (à la faveur d'une majoration de deux euros), le Dr Thierry Deregnaucourt, 59 ans, continue de coter l'acte de base à… 23 euros. Installé en secteur I, ce médecin de famille de Sailly-en-Ostrevent (Pas-de-Calais), également rattaché au centre hospitalier de Douai et qui exerce à la maison d'arrêt, a pris cette décision en signe de protestation contre « l’aumône accordée à nos émoluments ».

Selon ce praticien, la récente augmentation de deux euros ne correspond « ni à la valeur de l'acte médical ni à celle de notre fonction au sein de la société ». « Notre niveau d’études, notre niveau d’implication dans la santé de nos contemporains, notre niveau de responsabilités exigent une revalorisation qui, à défaut d’être morale, ne se peut être aussi pécuniairement indécente », explique-t-il dans un courrier adressé au « Quotidien ».

« J'ai expliqué ma démarche à mes patients, ils étaient étonnés au début, mais ils sont solidaires, certains me demandent même si je suis sûr que je n'en ai pas besoin », témoigne le généraliste installé depuis 30 ans. Il juge que la juste valeur de la consultation est de 50 euros, même s'il serait « trop brutal » de demander cette somme aux patients du jour au lendemain…

Contre le tiers payant, la ROSP et l'informatisation

« Les gens ne se rendent pas compte du coût de la pratique, et c'est normal, analyse le Dr Deregnaucourt. Et puis pour certains, 50 euros représentent une somme importante, ils hésiteraient à venir consulter… ». « Je souhaite rester conventionné par respect pour les patients et parce que la Sécurité sociale est à la base un excellent système », précise-t-il. Pour le médecin, c'est à l'État de réduire l'imposition et les charges sociales sur le revenu libéral devenu « une peau de chagrin ».

Jusqu'à présent, sa volonté de rester à 23 euros, contre les nouvelles règles tarifaires, n'a donné lieu à aucun courrier de sa caisse d'assurance-maladie. « Mais on pourrait m'accuser de concurrence déloyale », concède ce médecin qui ne pratique pas le tiers payant, n'a jamais été informatisé et refuse aussi la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). « Je suis contre tout cela, c'est un flicage de notre activité, du patient et de sa santé, je refuse ce système dans lequel les médecins n'ont pas de liberté, et sont achetés par la CPAM, le bras armé du gouvernement quel qu'il soit », confesse-t-il, un brin révolté. Mais, « je n'ai rien d'un rebelle », assure-t-il.

Il n'hésite pas en revanche à faire la comparaison avec Cyrano de Bergerac. « Comme le héros avant son trépas, la seule chose qui nous reste, c'est le panache », conclut-il. 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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