Perturbateurs endocriniens chez les enfants : 60 Millions de consommateurs réclame une prise de conscience

Perturbateurs endocriniens chez les enfants : 60 Millions de consommateurs réclame une prise de conscience

Benoît Thelliez
| 20.04.2017
  • cheveux enfants

    Perturbateurs endocriniens chez les enfants : 60 Millions de consommateurs réclame une prise de conscience

Le mensuel « 60 Millions de consommateurs » publie les résultats d’une étude qui met en évidence la présence de nombreux perturbateurs endocriniens dans les cheveux d’un panel d’enfants français issus d’environnements différents du territoire métropolitain.

Sylvie Metzelard, la rédactrice en chef du mensuel édité par l’Institut national de la consommation, estime que nous sommes « au bord d’une crise sanitaire majeure ».

Au moins 23 PE différents

Il faut dire que les résultats de l’étude TOX-R qui a été menée par une équipe du journal, en collaboration avec un laboratoire indépendant, sont particulièrement éloquents : tous les enfants intégrés à l’étude, soit 43 filles et garçons âgés de 10 à 15 ans et vivant en milieu aussi bien urbain que rural, présentent une contamination par au moins 23 perturbateurs endocriniens différents. En moyenne, ce sont 34 molécules différentes qui ont été retrouvées dans leurs cheveux parmi les 254 perturbateurs endocriniens recherchés et listés comme tels par des organismes de santé de référence. Kevin Fournier, ingénieur et co-responsable de l’étude avec Victoire N’Sondé, explique ainsi qu’1 enfant sur 2 intégré à l’étude a été exposé à au moins 11 plastifiants (bisphénols, phtalates…), 16 retardateurs de flamme bromés (PBDE), 5 résidus de combustion (hydrocarbures aromatiques polycycliques ou HAP), 6 pesticides (fipronil, hydrazide maléique…) et 3 métaux lourds (mercure, chrome…).

Plus inquiétant encore, sur les 32 polychlorobiphényles (PCB) recherchés, 26 ont été retrouvés dans un des 29 échantillons analysés. En moyenne, ce sont plus de 10 molécules de cette famille qui ont été retrouvées dans les cheveux des enfants étudiés. Produits et utilisés pour leurs propriétés isolantes et lubrifiantes, les PCB sont pourtant interdits en France depuis 1987…

Responsabilisation des industriels

Si le bisphénol A (BPA), interdit en France dans les biberons et les contenants alimentaires, est « seulement » présent dans un échantillon de cheveux sur cinq, le bisphénol S (BPS) est pour sa part retrouvé dans 98 % d’entre eux. Une proportion pas vraiment rassurante pour les auteurs de l’étude puisque le BPS, remplaçant du BPA, est « fortement suspecté d’agir comme le BPA sur notre santé ». De la même manière, tous les enfants participants sont contaminés par des phtalates dont le caractère de perturbateurs endocriniens potentiels est largement accepté par la communauté scientifique. Parmi les 10 retrouvés en moyenne par échantillon, certains appartiennent à la famille des phtalates dits à chaîne courte (DBP, DEHP, BBP…) qui sont notamment suspectés d’agir sur le système reproducteur et les fonctions thyroïdiennes.

Au vu de tels résultats, les promoteurs de l’étude réclament « une prise de conscience rapide des pouvoirs publics » au niveau de la France et de l’Europe qui tarde à se prononcer clairement sur le sujet, ainsi qu’une « plus grande responsabilisation des industriels » qu’ils exhortent à axer leur budget de recherche et développement vers des substituts non polluants. En attendant, l’étude montre que deux types de comportement sont associés à une moindre exposition à ces perturbateurs endocriniens : faire le ménage chez soi au moins une fois par semaine et aérer son logement au moins une fois par jour.

Le fait d’éviter au maximum d’utiliser certains produits de notre univers quotidien comme les récipients et jouets en matières plastiques, de limiter sa consommation de certains aliments (poissons gras et « bio accumulateurs ») ou encore d’éliminer les produits d’hygiène corporelle contenants des substances comme les parabens et autres antioxydants BHA et BHT sont des approches préventives qui permettent également de limiter les risques et que conseille fortement d’adopter le mensuel dédié à la consommation.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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