La vitamine C booste certains anticancéreux dans les leucémies aiguës myéloblastiques

La vitamine C booste certains anticancéreux dans les leucémies aiguës myéloblastiques

Dr Irène Drogou
| 30.08.2016
  • VIT C

La correction d'un déficit en vitamine C pourrait booster l'efficacité de certaines thérapies épigénétiques utilisées en hématologie, selon des chercheurs danois et américains.

Dans une étude publiée dans les « PNAS », les chercheurs montrent l'effet synergique anti-cancéreux de la vitamine avec les inhibiteurs des méthyltransférases de l'ADN (DNMTi en anglais, pour DNA methyltransferase inhibitor). 

Il existe deux DNMTis utilisés en hématologie en France, l'azacitidine (Vidaza) et la décitabine (Dacogen), dans les leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) non éligibles à la greffe de moelle.

L'azacitidine est également indiquée dans les myélodysplasies et leucémies myélomonocytaires chroniques. Seuls 50 % des patients répondent à l'azacitidine seule, d'où plusieurs essais cliniques testant différentes associations, que ce soit avec une chimiothérapie, une immunothérapie ou de la vitamine C. 

Un petit essai clinique lancé au Danemark

Alors qu'un déficit en vitamine C se retrouve souvent au cours des cancers, l'équipe dirigée par Peter Jones (Institut de recherche Van Andel, Michigan) a constaté in vitro une activité anti-tumorale amplifiée lorsqu'une dose physiologique de la vitamine est ajoutée à de faibles doses d'un DNMTi, la décitabine. La prolifération cancéreuse était inhibée et l'apoptose augmentée. 

Actuellement, un essai est en cours au Danemark (Rigshospitalet, Copenhague) chez des adultes ayant une myélodysplasie ou une LAM. Dans cette étude, le choix du DNMTi s'est porté sur l'azacitidine. L'idée est bien de corriger une carence et non de surdoser en vitamine C. Il est prévu que 20 patients soient inclus et les premiers résultats sont attendus à l'été 2017.

Élégant mais... prudence

« C'est vraiment super d'imaginer qu'il pourrait y avoir une approche simple et élégante d'aider les patients à se battre contre une myélodysplasie ou une LAM, estime Kirsten Gr nbaek, l'investigateur principal. Cependant, en tant que médecin, j'incite fortement les patients à attendre les résultats de l'essai clinique et de discuter de tout changement d'alimentation ou de supplémentation avec leurs médecins. »

Peter Jones, l'auteur principal, met lui aussi en garde : « Notre essai est limité à un sous-type particulier de patients ayant une myélodysplasie ou une LAM avec un traitement spécifique. On n'a aucune preuve que cette approche est appropriée pour d'autres cancers ou chimiothérapies. »

Source : Lequotidiendumedecin.fr

Commentez

Vous devez être inscrit ou abonné pour commenter un article et réagir. Pour rappel, la publication des commentaires est réservée aux professionnels de santé.

A la une

add

Entaille dans la liberté d'installation : les petits hôpitaux préconisent une « obligation à servir » de 3 à 5 ans

liberte installation

Suppression partielle de la liberté d'installation, maillage renforcé du territoire en centres de santé… La Coordination nationale des... 8

Violences obstétricales : un collectif d'usagers appelle à la prise de conscience des soignants

maltraitance

Alors que le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes conduit toute une batterie d'auditions préalables à la publication, au... 2

Harcèlement sexuel : le Haut Conseil à l'égalité salue l'annonce du gouvernement d'un projet de loi en 2018

Weinstein

Procès de Pontoise sur le viol d'une mineure de 11 ans que le parquet qualifie « d'atteintes sexuelles », polémique Christine Angot après... 3

A découvrir
l'annuaire du-diu
GUIDE PHARMA SANTE

Le Guide Pharma Santé regroupe l’ensemble des informations et points de contacts des entreprises du monde de la Santé.

Consulter
imageagenda

Retrouvez tous les évènements
et congrès à venir

Consulter