Clause de conscience des pharmaciens : l'Ordre fait marche arrière

Clause de conscience des pharmaciens : l'Ordre fait marche arrière

Coline Garré
| 21.07.2016

Face à la polémique autour de l'introduction éventuelle d'une clause de conscience dans une nouvelle version de son code de déontologie, le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens (CNOP) renonce.

Le bureau demande au Conseil national qui se réunira le 6 septembre prochain « de ne pas maintenir en l'état le projet de clause de conscience », indique le CNOP ce 21 juillet dans un communiqué ; et de suspendre immédiatement la consultation en cours.

Les pharmaciens - qui à la différence des médecins, infirmiers, sages-femmes, n'ont pas de clause de conscience - devaient se prononcer jusqu'au 31 août sur l'introduction ou non d'un article ainsi rédigé : « Sans préjudice du droit des patients à l'accès ou à la continuité des soins, le pharmacien peut refuser d'effectuer un acte pharmaceutique susceptible d'attenter à la vie humaine. Il doit alors informer le patient et tout mettre en œuvre pour s'assurer que celui-ci sera pris en charge sans délai par un autre pharmacien. Si tel n'est pas le cas, le pharmacien est tenu d'accomplir l'acte pharmaceutique. »

Émoi et incompréhension

Beaucoup, y compris la ministre des Familles Laurence Rossignol, y avait lu une porte ouverte au refus de la délivrance de pilule, de stérilet en cuivre, voire de préservatifs, et donc une entaille aux droits des femmes.

Hier, le 20 juillet, la présidente de l'Ordre Isabelle Adenot avait tenté de calmer la polémique en rappelant son attachement aux droits des femmes et en précisant que « les débats sur cet article n'ont jamais porté sur la contraception mais sur la fin de vie, situation souvent délicate à gérer par les pharmaciens de ville et d'hôpital ». En vain.

« Devant l’émoi et l’incompréhension suscités par cette réflexion collective, sans compter les instrumentalisations qui en ont été faites », le Bureau du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, décide aujourd'hui de suspendre la procédure de consultation des pharmaciens sur le projet, « le contexte actuel n’étant plus propice à une réflexion éclairée et mesurée ».

« Les Français peuvent compter sur leurs 75 000 pharmaciens, qui sont pleinement engagés au quotidien pour le droit à la contraception. Quant à lui, l’Ordre des pharmaciens veille scrupuleusement au respect des devoirs professionnels des pharmaciens, avec le souci de défendre les droits des patients » dit le CNOP.

 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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