Des « maisons de l'obésité » pour améliorer le suivi après une chirurgie bariatrique

Des « maisons de l'obésité » pour améliorer le suivi après une chirurgie bariatrique

Damien Coulomb
| 10.05.2016
  • BARIATRIQUE

    Des « maisons de l'obésité » pour améliorer le suivi après une chirurgie bariatrique

Le groupe de travail formé par la Société française et francophone de chirurgie de l'obésité (SO.FF.CO), l'Académie nationale de chirurgie et le Collectif national des associations d'obèses (CNAO) a rendu public ce matin son livre blanc de 13 recommandations concernant le suivi des patients après une chirurgie bariatrique. Ces propositions constitueront une base de travail pour la nouvelle commission de la Haute Autorité de santé (HAS) chargée de formuler les prochaines recommandations de l'agence.

La mesure phare du plan est la création de « maisons de l’obésité » labellisées sur le modèle des maisons du diabète. L'idée est de rassembler chirurgiens, médecins, nutritionnistes, psychiatres, psychologues, infirmiers et patients experts dans « un lieu non anxiogène en dehors des structures hospitalières », explique la présidente du CNAO, Anne-Sophie Joly, par ailleurs membre de la commission de la HAS qui se réunit depuis décembre dernier. La clé de ces maisons de l'obésité sera les infirmiers coordinateurs dont « le statut d'infirmiers devrait être reconnu et mieux valorisé », estime le Pr Faredj Cherikh, psychiatre au CHU de Nice et membre du groupe de travail.

En complément des CSO

Ce nouveau dispositif compléterait les 37 centres spécialisés de l'obésité (CSO) mis en place par le 3e plan national nutrition santé (PNNS) et le plan obésité. Les CSO suivent surtout les patients souffrant de complications graves et sont insuffisamment nombreux pour prendre le relais des 400 établissements français pratiquant ce genre d'intervention.

En ce qui concerne le financement de ces établissements, les auteurs se disent « ouverts à toutes les possibilités ». Le Pr Cherikh cite l'exemple du projet de maison de l'obésité de Nice « financée par une activité annexe de psychothérapie ». Une autre solution consisterait en un forfait proposé par la sécurité sociale, à l'image de celui proposé aux Pays-Bas qui rembourse 27 visites sur cinq ans.

Le Dr Renaud Chiche, également membre du groupe de travail, détaille, quant à lui, l'expérience dans la clinique Geoffroy-Saint-Hilaire de Paris où il officie comme chirurgien. « Nous avons recruté 2 infirmières coordinatrices et 2 psychologues, raconte-t-il, mais face à la baisse des tarifs hospitaliers décidée par Marisol Touraine, nous envisageons de faire payer un forfait aux patients. »

Cahier de patient et numéro vert

Le groupe de travail préconise aussi un nouveau modèle de suivi consistant en une consultation de contrôle avec un infirmier 10 jours après l'opération, puis une consultation diététique au bout de 21 jours, suivi d'une succession de séances d'éducation thérapeutique, de bilan biologiques et de séances individuelles ou collectives de suivi psycho-diététique étalées sur 6 mois. Au bout d'un an, le patient entre dans une logique de consultations annuelles avec un infirmier. Ce dispositif devant être complété par la mise en place d'un numéro vert pour toute question urgente et d'un carnet patient.

Une telle organisation suppose que l'Assurance-maladie prenne en charge les consultations diététiques. « On peut imaginer une prise en charge des séances et des prescriptions faites par les nutritionnistes ayant suivi un diplôme universitaire agréé sur le suivi après un acte de chirurgie bariatrique », explique le Dr Chiche.

Selon les recommandations émises en 2009 de la HAS, les patients doivent se rendre à au moins 4 consultations au cours de la première année puis 1 ou 2 autres par an tout au cours de sa vie. Le suivi médico-chirurgical met l’accent sur l'éducation, la prévention et la recherche de carence vitaminique ou nutritionnelle.

Un patient sur deux perdus de vue dès deux ans

Dans les faits, la moitié des 47 000 patients opérés en France (environ 1,5 million de Français ont un IMC supérieur à 30 et que 550 000 ont un IMC supérieur à 40) disparaissent des radars dès la deuxième année, selon les chiffres de l'Académie nationale de chirurgie. Ces perdus de vue, sont à la fois liés au manque de temps, aux consultations non couvertes par l'assurance maladie, à la précarité des patients, à la culpabilité face à la reprise de poids.

« En général, tout se déroule correctement juste après l'opération, explique le Pr Cherikh. C'est ensuite que viennent les complications : carences, médecine réparatrice pour compenser la perte rapide de poids, problèmes psychologiques… les patients idéalisent souvent beaucoup l'effet de la chirurgie bariatrique et se rendent compte que tous leurs problèmes ne sont pas réglés. »

Le livre blanc préconise aussi le renforcement du rôle du pharmacien, le développement d'un module de formation sur l'obésité et la mise en place d'un contrat tripartite entre le patient, l'établissement de soins et l'équipe médicale.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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