Pendant la trêve, des médecins syriens se prennent à rêver...

Pendant la trêve, des médecins syriens se prennent à rêver...

01.03.2016

Pour les médecins et les soignants syriens aussi, l'entrée en vigueur, samedi 27 février, du cessez-le-feu (entre le régime de Bachar al-Assad et les rebelles) est synonyme de « trêve ». À Alep ou Damas, l'AFP a recueilli les témoignages de certains d'entre eux.

À Soukkari par exemple, quartier rebelle du sud d'Alep, le directeur de l'hôpital, Hamza al-Khatib, n'en revient pas. « Depuis deux jours, nous n'avons vu arriver aucun blessé par balle, aucune victime d'un bombardement, nous n'avons reçu que des malades "normaux", assure-t-il. Avant, ils n'osaient pas venir par peur d'être blessés en chemin, ou pire encore, estropiés à l'hôpital, car notre établissement a été à plusieurs reprises la cible de l'aviation ou de l'artillerie. »

Une chute dans un escalier : retour à des blessures banales

À Damas, la capitale syrienne sous contrôle gouvernemental, les médecins aussi sont plus détendus car ils n'entendent plus le bruit strident des sirènes d'ambulance. « Ce n'est un secret pour personne : on se sent psychologiquement soulagé, surtout aux urgences où la tension était à son comble quand les blessés arrivaient », confie un médecin de l'hôpital Al-Moujtahid, dans le sud de la ville.

« Aujourd'hui, nous avons reçu quelqu'un qui était tombé dans l'escalier, des victimes d'un accident de voiture, des cas qu'on avait oubliés tant nous étions focalisés par les blessés par des armes à feu ou les obus », ajoute-t-il.

Puis, visiblement détendu, il se met à rêver. « Si la trêve continue on aura peut-être l'opportunité de passer des vacances hors de l’hôpital. Je suis optimiste et j'aspire à retrouver la routine d'avant la guerre », soutient-il.

À Daraya, au sud-ouest de Damas, le calme règne en dépit des menaces de l'armée de frapper cette localité rebelle en l'excluant de l'accord de cessez-le-feu. « Bien sûr, nous sommes soulagés depuis l'annonce du cessez-le-feu car nous n'avons pas accueilli de blessés de guerre. Mais maintenant viennent nous voir des malades qui n’osaient pas sortir de leurs abris », raconte Diaa al-Ahmar, un médecin de l'unique hôpital. Il déplore aussi qu'« en dépit de la trêve, les gens continuent à mourir par manque d'équipements et de médicaments car la ville est assiégée » depuis trois ans.

Avec AFP
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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