Manger, pédaler, démanger

Manger, pédaler, démanger

01.03.2016

Allergène alimentaire + effort physique = anaphylaxie. L’équation s’appelle anaphylaxie alimentaire induite par l’exercice physique (AAIE). Des Japonais ont voulu savoir si des tests de provocation en milieu hospitalier peuvent être utiles pour établir le diagnostic. La réponse est positive.

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L’AAIE est un type d’allergie alimentaire dans laquelle des symptômes sévères sont déclenchés au cours d’un exercice physique pratiqué après l’ingestion d’un certain type d’aliment. Les travaux, qui ont porté sur les tests de provocation dans l’AAIE, ont été focalisés sur le blé seul et conduits chez des adultes. 

Les Japonais Tomoyuki Asaumi et coll. ont voulu en savoir davantage sur l’utilité et la sécurité des tests de provocation dans l’AAIE. Leur travail a porté sur 41 patients (enfants, adolescents et adultes jeunes) suspects d’AAIE. Les antihistaminiques et les antileucotriènes étaient interrompus trois jours avant les tests de provocation. Au total, chez ces 41 patients, 184 tests de provocation ont été réalisés.

L’aspirine étant un cofacteur contribuant à l’anaphylaxie (en facilitant l’absorption intestinale de l’allergène et en modulant l’activité des mastocytes), une dose était administrée aux patients 90 minutes avant l’exercice. Quant aux aliments présumés responsables, ils étaient ingurgités 60 minutes avant en grande quantité (par exemple, 40 à 100 g de crevettes, une pomme entière, de 5,2 à 10,4 g de protéines de blé).

L’exercice physique était réalisé sur vélo d’appartement. Quand un ou plusieurs symptômes allergiques apparaissaient, le test de provocation était considéré comme positif.
 

Blé, crevette, pomme, pêche

Au total, 30 tests se sont révélés positifs ; ce qui a permis de porter un diagnostic d’AAIE chez 20 patients. Les aliments les plus souvent responsables étaient : blé (n = 5), association blé + crevette (3), association blé + pomme (2), pêche (2).
Les symptômes sont apparus dans les 45 minutes de l’effort dans 29 des 30 tests. Les symptômes les plus fréquents étaient d’ordre cutané (83 %) ; des manifestations pulmonaires ont également été observées. Dans 6 cas (par exemple : wheezing, hypotension), on a dû avoir recours à l’administration d’adrénaline.
« Les tests de provocation nous ont permis de confirmer le diagnostic d’AAIE quand ils étaient positifs et d’exclure ce diagnostic quand ils étaient négatifs. Toutefois, comme des symptômes sévères peuvent apparaître, ces tests devraient être réalisés à l’hôpital, sous la surveillance constante d’un médecin », concluent les auteurs.
 

Dr Emmanuel de Viel
 
Asaumi T et coll. Pediatr Allergy Immunol 2016 ; 27 : 44-9.
 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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