Parcours de soins - L’atout télémédecine

Parcours de soinsL’atout télémédecine

01.03.2016
Bien identifiée dans la santé en ligne, la télémédecine pourrait devenir une porte d’entrée dans les parcours de soins de nombreuses maladies. La vision du Dr Pierre Simon*,  ex-président de la Société française de télémédecine.
  • Médecines naturel : l’atout télémédecine

    L’atout télémédecine

Le Quotidien – Comment se situe la télémédecine dans le secteur de la santé en ligne ?

Dr Pierre Simon – Pour la Société française de télémédecine (SFT), la frontière entre santé en ligne et télémédecine est nette : la santé en ligne est un marché commercial intégrant les innovations industrielles, les objets connectés, les dispositifs médicaux connectés ; la télémédecine est une activité médicale définie par le décret du 19 octobre 2010. Elle regroupe cinq activités : la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance médicale, la téléassistance médicale et la réponse médicale apportée dans le cadre de la régulation médicale. Cette définition a permis de définir une stratégie nationale de déploiement de la télémédecine en France, accompagnée par l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (ASIP santé), l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) et les Agences régionales de santé (ARS).

 

Trente ans après les premières expériences en France, quelles sont les applications de la télémédecine ?

La télémédecine s’est fondue dans l’écosystème médical et fait partie de la prise en charge quotidienne de nombreuses maladies chroniques en cardiologie, diabétologie, néphrologie, gériatrie, oncologie, ophtalmologie, les maladies mentales. Elle est également devenue incontournable en radiologie et neurologie avec notamment le dispositif Télé-AVC.

Compte tenu de sa tradition d’un exercice de la médecine « au pied du lit du patient », la France a voulu faire de la télémédecine clinique avec le souci d’apporter une valeur ajoutée sur le service rendu au patient. La télémédecine doit donc s’inscrire dans un projet médical et répondre à un besoin de soins. Le projet doit se construire à plusieurs et s’appuyer sur un trépied : nouvelles pratiques et organisation des professionnels de santé ; solutions industrielles innovantes adaptées à ces pratiques ; garanties juridiques apportées par les autorités sanitaires car les médecins ont la responsabilité de leur prescription.

L’accompagnement du changement provoqué par la télémédecine doit porter sur son enseignement/formation et son intégration dans l’organisation de la pratique médicale.

 

Quelles sont les opportunités pour la télémédecine ?

En soins primaires, la SFT mène une réflexion avec la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS). Les médecins ayant pour mission de coordonner les parcours, il faut leur donner la possibilité de faire de la téléexpertise au quotidien afin d’éviter des ruptures de parcours en raison, par exemple, des longs délais d’attente pour une consultation de spécialistes. Les maisons de santé sont prêtes à utiliser ce modèle, d’autant qu’elles ont un projet médical partagé. L’exemple de la télédermatologie où la transmission des images permet de réaliser un diagnostic rapidement est emblématique, mais c’est vrai dans toutes les spécialités.

Autre opportunité, le téléconseil médical personnalisé qui s’est développé par le centre 15 (60 % de téléconseils). Il pourrait être une porte d’entrée dans le parcours de soins. Il pourrait être proposé par les complémentaires santé, comme en Suisse avec la plate-forme de type Medgate. Nous travaillons également sur des téléconsultations directes dans les pharmacies. Enfin, les Groupements hospitaliers de territoire (GHT) inscrits dans la nouvelle loi de santé, organisés autour d’un projet médical, devraient ouvrir de belles opportunités pour la télémédecine car ils apporteront une rationalité dans le parcours de soins des patients.

 

Quels sont les défis médicaux à relever ?

Tous les enjeux actuels sont de faire se rencontrer à la fois les promoteurs d’outils de la santé en ligne et les prescripteurs, les médecins qui font de la télémédecine, car on voit bien que les objets connectés peuvent trouver leur place dans ce panorama. Aujourd’hui, une réflexion est menée sur ce qui sera, dans cette offre foisonnante, utile à l’exercice de la médecine et sur les critères d’évaluation utilisés par la Haute Autorité de santé (HAS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Par exemple, la Food and Drug Administration (FDA) n’a reconnu que deux cents objets connectés sur les milliers qui existent. En France, à ce jour, seuls les défibrillateurs implantés connectés sont inscrits sur la Liste des produits et prestations (LPP).

 

Le financement de la télémédecine est-il assuré ?

Le financement n’est pas complètement résolu en raison de freins multiples encore à lever. L’Assurance maladie avait sa propre approche – la maladie chronique avec le PAERPA (Personnes âgées en risque de perte d’autonomie) par exemple – et ne voulait pas entendre parler de télémédecine. Les choses ont évolué avec la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2014 qui a permis d’expérimenter la télémédecine en secteur ambulatoire. De son côté, l’hôpital, financé par la T2A, reste réticent craignant une modification de son recrutement risquant de mettre son équilibre financier en jeu.


Propos recueillis par Michel Le Taillanter
 

* Pierre Simon. Télémédecine – Enjeux et pratiques. Collection Synthèses et repères. Édition Le Coudrier, Lyon, 2015.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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