La chirurgie bariatrique améliore la survie, même après 35 ans

La chirurgie bariatrique améliore la survie, même après 35 ans

Damien Coulomb
| 10.02.2016

Même après 35 ans, la survie s'améliore après la pose d'une dérivation roux-en-Y, selon une étude parue ce mercredi dans le « JAMA Surgery ». L'étude n'est pas parvenue à montrer une amélioration de la survie avant cet âge, mais ces résultats sont dus à une augmentation de la mortalité liée à des causes indépendantes des comorbidités de l'obésité. Jusqu'à présent, peu d’études avaient mesuré l'éventuel bénéfice, en termes de mortalité, à attendre chez des patients bénéficiant d'une chirurgie bariatrique, et la plupart n'étaient pas contrôlées.

« Le consensus global veut que ces opérations soient globalement positives », expliquent le Dr Lance Davidson, de l'université Brighman Young (Utah), et ses collègues. Ils ont tenté de répondre à cette question à l'aide d'une étude de cohorte cas-témoins rétrospective. Les auteurs ont découpé une cohorte de 7 925 patients (constituée entre 1984 et 2002) en catégories d'âge : les moins de 35 ans, les 35 à 44 ans, les 45 à 54 ans et les 55 à 74 ans. Cette cohorte a été comparée à un groupe 7  925 personnes souffrant d'une obésité importante mais n'ayant pas bénéficié d'une opération de chirurgie bariatrique. L'indice de masse corporelle moyen dans les deux groupes était de 45,3.

Entre 35 et 44 ans, le risque de mortalité toutes causes au cours de la durée moyenne de suivi de 7,2 ans était diminué 46 %. Entre 45 et 54 ans, le risque était diminué de 57 %. Il n'était en revanche pas significativement modifié chez les moins de 35 ans. « La conclusion importante est que la pose d'un by-pass roux-en-Y prévient en partie l'augmentation de la mortalité observée chez les patients très obèses », précisent les auteurs.

Homicide, suicides et empoisonnement

L'absence d'amélioration de la survie avant 35 ans s'explique, selon les auteurs, par un nombre important de décès « d'autres causes », surtout chez les femmes. Les décès d'autres causes étaient définis par mort par homicide, par suicide et par empoisonnement involontaire. Ce risque de décès « autres causes » était multiplié par 2,53 chez les hommes de moins de 35 ans ayant bénéficié d'une opération de chirurgie bariatrique, et 3 fois plus chez les femmes de moins de 35 ans.

Le nombre absolu de morts d'autres causes reste cependant globalement faible, et les auteurs estiment « qu'une information complémentaire sur ce surrisque de décès devrait être délivrée aux patients qui subissent ce genre d'intervention ». Ils rappellent également qu'il existe un recouvrement important entre l'obésité et le risque de comorbidité psychiatrique et de mésusage de médicaments.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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