Programmes d'éducation thérapeutique : une évaluation trop administrative, juge Observia

Programmes d'éducation thérapeutique : une évaluation trop administrative, juge Observia

Henri de Saint Roman
| 04.02.2016
  • ETP

Les programmes d'éducation thérapeutique du patient (ETP) existent depuis une vingtaine d'années mais se sont multipliés depuis l'adoption en 2009 de la loi HPST qui en fixait le cadre et chargeait la Haute autorité de santé (HAS) de leur évaluation.

Néanmoins, selon Observia, spécialiste de l’observance et opérateur de services e-santé, les praticiens se montrent souvent réticents. « Les professionnels de santé ne sont pas toujours convaincus de l'intérêt de ces programmes », a résumé Sylvain Bonnet, directeur du développement d'Observia, lors d'un débat organisé ce jeudi.

Submergés par les données

Les raisons sont multiples. Les médecins jugent dans certains cas que ces programmes d'ETP ne répondent pas à leurs besoins, et ils ont peur d'être « submergés par les données » générées. Ils craignent aussi que le coût de cet accompagnement des patients ne soit excessif ou encore de perdre le suivi direct de leurs patients (faute de retour d'informations).

Autre problème : les évaluations des programmes sont le plus souvent très « administratives » et s'attachent surtout aux aspects économiques des dispositifs analysés. De plus, regrette Observia, les publications des évaluations se comptent « sur les doigts de la main » et sont parfois parcellaires.

Trop d'économie, pas assez de vécu terrain

L'évaluation du programme Sophia de l'Assurance-maladie pour les patients diabétiques constitue un exemple de ce défaut. « C'est une évaluation très poussée », note Sylvain Bonnet, mais elle est essentiellement tournée vers des aspects économiques et aborde peu la question de l'efficacité de Sophia.

Plus généralement, regrette Observia, « l'évaluation est en France trop souvent tournée vers le réglementaire et l'économique, ce qui n'intéresse guère les professionnels de santé. Elle n'est pas suffisamment axée autour de l'impact sur les patients, ni autour du quotidien des professionnels ».

Annie Chicoye, directeur exécutif de l'Institut de management santé ESSEC Business School de Paris, est sur la même ligne. Évoquant l'évaluation du dispositif d'accompagnement par le pharmacien des patients sous AVK, mis en place par l'assurance-maladie, elle juge que cette dernière est restée « très discrète sur le protocole d'évaluation ». À ses yeux, il manque un critère essentiel à cette évaluation : « le dispositif évite-t-il les épisodes hémorragiques chez les patients traités » ?

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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