« Tartuffe », de Molière - L'art de Luc Bondy

« Tartuffe », de MolièreL'art de Luc Bondy

04.02.2016
Luc Bondy est disparu en novembre dernier. Sa femme, Marie-Louise Bischofberger, elle-même metteur en scène, a repris dans la fidélité le spectacle créé il y a deux saisons. La troupe est en partie renouvelée, mais le rôle-titre est toujours interprété par le remarquable Micha Lescot.
  • Tartuffe 2016 (2)

    L'art de Luc Bondy

C’est un très beau spectacle. On entend parfaitement la pièce de Molière. Les comédiens sont excellents et très bien distribués. Comme lors de la création, certains pourront être irrités par des libertés prises avec le texte, notamment à la fin. Mais l’essentiel est là : l’emprise du faux dévot, la folie qui s’empare d’Orgon, la révolte de la maisonnée.

Cette reprise aurait dû être dirigée par Luc Bondy lui-même, qui, dans un premier temps, devait mettre en scène « Othello ». Trop épuisé, il avait envisagé de reprendre ce grand Molière. Mais le destin en a décidé autrement. Marie-Louise Bischofberger et Vincent Huguet ont pris la relève, dans une fidélité scrupuleuse, tout en dirigeant de nouveaux interprètes, dans le décor de grande salle au pavement noir et blanc de Richard Peduzzi.

La fine Christiane Cohendy, perruque de cheveux blancs, est Madame Pernelle. Acquise à la cause de Tartuffe, elle met du temps à comprendre. Dans le rôle de Dorine, l’une des plus belles servantes du théâtre français, Chantal Neuwirth est magistrale. Humaine, espiègle, intransigeante, elle est merveilleuse. Nouvelle, elle aussi, Audrey Fleurot est une Elmire très séduisante, un peu languide et narcissique, mais ferme, courageuse. C’est une belle comédienne de théâtre, au long parcours, et on est heureux de la retrouver. Orgon, c’est Samuel Labarthe. Son autorité physique, sa présence, rendent plus déchirant encore son égarement. Il est parfait.

On retrouve Victoire Du Bois, Laurent Grévill, Yannick Landrein, dans des parcours très maîtrisés. Et Micha Lescot, avec des faux airs d’Anthony Perkins, au début. Un étudiant nonchalant, qui traîne pieds nus, puisqu’il est chez lui, et qui montre très vite sa perversité, sa violence, sa terrible nature. Dans les scènes avec le très bon Pierre Yvon, Damis, il est impressionnant jusqu’à la folie et sa rage devant Elmire fait peur.

Bref, une très belle occasion de réentendre cette pièce admirable dont on ne se lasse pas.

Ateliers Berthier de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à 20 heures du mardi au vendredi, dimanche à 15 heures. Durée : 1 h 50 sans entracte. Jusqu’au 25 mars. Tél. 01.44.85.40.40, www.theatre-odeon.eu.

 

Armelle Héliot
Source : Le Quotidien du médecin n°9468

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