Les chirurgiens italiens s’émeuvent de la mauvaise qualité des bistouris

Les chirurgiens italiens s’émeuvent de la mauvaise qualité des bistouris

29.01.2016
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Mauvaise nouvelle pour les patients hospitalisés en Italie : les chirurgiens ne peuvent plus garantir les résultats postopératoires compte tenu de la mauvaise qualité des bistouris. Selon l’association des chirurgiens hospitaliers italiens, l’Acoi, les patients peuvent avoir de mauvaises surprises d’un point de vue esthétique mais aussi physique. « Un bistouri qui coupe mal, peut provoquer une mauvaise cicatrisation et des complications infectieuses », estime la chirurgienne Patrizia Russo.

L’association des chirurgiens a fait publiquement état de son malaise dans un communiqué repris par l’agence de presse ANSA. « À cause de la qualité médiocre de leurs instruments de travail, les chirurgiens n’ont plus aucune précision. Chaque jour, nous recevons des plaintes des hôpitaux de toute l’Italie », assène le Pr Diego Piazza, président de l’association. Du coup, la grogne monte dans le milieu chirurgical hospitalier mais aussi chez les patients qui ont peur de passer sur le billard.

Une liste noire

Pour l’Acoi, la mauvaise qualité des instruments est liée à la politique économique mise en place par le milieu hospitalier qui suit à la lettre les recommandations du ministère de la Santé. « À force d’essayer de faire des économies de bouts de chandelle en choisissant le fournisseur le moins cher, on détruit la qualité », analyse Diego Piazza. Cette constatation est corroborée par d’autres chirurgiens qui ont dressé une liste noire du matériel de mauvaise qualité. À commencer par les gants utilisés par le personnel médical et paramédical dans les blocs opératoires, « qui se déchirent immédiatement car trop fins ». Ou les seringues aux pistons défectueux, les aiguilles qui ne piquent pas, les gazes trop fines et, plus grave, les valves cardiaques qui ne fonctionnent pas.

Face à ces accusations, le ministère de la Santé se défend bec et ongle. « Des appels d’offre sont ponctuellement lancés pour l’achat du matériel sanitaire, mais la qualité reste le critère le plus important », assure Renato Botti, directeur général du programme sanitaire du ministère de la Santé. Il a annoncé la mise en place d’une politique de centralisation des achats pour redimensionner les dépenses excessives à l’échelle nationale. Cette opération devrait se traduire selon les calculs des experts ministériels par une réduction de 20 à 25 % du montant global des dépenses sanitaires. Un premier ballon d’essai est prévu pour le mois de mars avec l’achat des seringues, un seul modèle pour tout le système public italien. L’objectif est de réussir à aligner le coût de cet instrument dans toutes les régions, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Ariel F. Dumont
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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