Vos plus grands moments de solitude - Le compagnon, la visiteuse médicale, le briseur de crayons...

Vos plus grands moments de solitudeLe compagnon, la visiteuse médicale, le briseur de crayons...

24.12.2015
Drôles, insolites, parfois graves… jusqu’à la fin de l’année, « le Quotidien » publie les témoignages de médecins confrontés à une situation embarrassante en consultation, face à un patient. Merci à tous les participants pour les nombreux récits envoyés à la rédaction.
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Le compagnon

Consultation avec une gentille dame entre 75 et 80 ans que je connaissais déjà.
Je lui demande de ses nouvelles et elle me répond :
– « Je suis triste. Je viens de perdre mon compagnon. »
– Moi, compatissant : « Il avait quel âge ? »
– « Onze ans. »
...
Flûte, c'est le chien !
 
Dr Bernard Cristalli


Les bonnes pratiques qui rapprochent

Interne de garde aux urgences de chirurgie, je suis amené à voir un patient pour une occlusion intestinale. Après l'interrogatoire et l'examen abdominal, je complète comme en bonne pratique par un toucher rectal :
– « Monsieur, je vais vous mettre un doigt dans le derrière. »
...
Une fois le toucher fini, je lui dis en retirant le doigtier :
– « C'est fini, vous pouvez vous rhabiller »
– « Oh, après ça, Docteur, on peut bien se tutoyer »

Heureusement, il y en a qui ont de l'humour.
 
Dr Bernard Cristalli


Le gel qu'il vous faut  

C’est une dame qui vient renouveler son traitement de la ménopause et qui se plaint de sécheresse vaginale.
Avec une dyspareunie.
Moi : « Qu’est-ce que vous utilisez pour diminuer ce problème ? »
Elle : « J’utilise de la vaseline. »
Moi : « Mais c’est très gras, ce ne doit pas être très agréable. Vous allez utiliser un produit très facile d'utilisation, c'est… Un gel aqueux… »
Trop tard, je me suis rendu compte de ce que je disais en même temps que ça sortait... La dame n'a pas percuté...    
 
Dr Jean-Pierre Micolle



Le briseur de crayons

Lorsque je fus appelé pour la première fois dans cette grande demeure située dans un village de montagne, je pensais avoir franchi les couloirs du temps.
Père et mère septuagénaires, bafouillant dans leurs dentiers mal ajustés, parlaient mi-patois, mi-français. Il fallait voir « le Jean ». Ce grand gaillard odorant aux cheveux gras et à la peau moite se promenait en « marcel » jauni et trop grand. Il avait un large nez, une grande bouche avec des dents en éventail. Il vociférait entre ses dents.
Jean avait subi un choc lors de la guerre d’Algérie et touchait une pension d’invalidité. Je pensais « presque » à la simulation, puisqu’il me racontait avoir joué au fou en cassant l’un après l’autre les stylos que lui passait le médecin contrôleur en lui demandant de signer. J’en avais ri. Mais, le bougre n’était pas que cocasse et mystificateur.

« Vous ! A l'Assemblée nationale ! »
J’en fis les frais un jour du mois d’août où, alors que je rédigeais son ordonnance et qu’il déambulait devant mon bureau de droite à gauche. Cette masse de 140 kg, perchée sur ses 1,80 m brassait de l’air au point de m’occire les narines. Soudain, je sentis un choc sur mon front. Son poing avait traversé l’air si fort que j’en basculais en arrière.
Couché au sol sur mon fauteuil, je vis cette masse penchée sur moi, le téléphone fixe dans la main qui tentait de m’atteindre. Fracassant le combiné sur mon front, il maugréait : « Vous ! À l’Assemblée nationale ! »  (Je déduisis qu’il avait dû se faire duper par mon bureau).
J’arrivai à me dégager alors qu’il s’était agrippé à mes cheveux. Lui calant une torsion du coude et du bras, à la limite de lui luxer l’épaule, je l’éjectais au dehors, non sans avoir perdu une mèche au moment d’ouvrir le loquet.
Avertissant les gendarmes pour signaler un « furieux » dans les rues. Le préposé me dit qu’il n’avait pas de voiture car les équipes étaient sorties. Je glaçai mon hématome au front. Son père appela deux jours plus tard pour me dire que son fils venait d’être interné grâce à l’assistance de six personnes. Il précisa pour l’excuser : « J’avais oublié de lui donner son traitement et il était contrarié car on lui demandait de se présenter pour une nouvelle évaluation pour apprécier s’il n’était pas apte à travailler. » Je me demandai longtemps si j’avais eu devant moi ce briseur de crayons simulant la folie ou bien un forcené qui aurait pu me tuer.
 
Jean-Claude Miranda


La visiteuse médicale

J'exerçais dans un groupe de six généralistes. Je reçois, un jour, une « visiteuse médicale », comme on disait à l'époque.
Elle portait une jupe noire retenue, à la taille, par une sorte de cordon noué. L'entretien se termine et je raccompagne la dame jusqu'au secrétariat et là... plouf ! la jupe tombe sur ses pieds.
Cette dame avait probablement mal fait le nœud mais mes associés n'ont jamais cru que c'était « accidentel ».
Et pourtant, honi soit qui mal y pense.

Dr F. M.


Source : Lequotidiendumedecin.fr

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