e-SANTE - « Apprivoiser les usages bénéfiques »

e-SANTE « Apprivoiser les usages bénéfiques »

10.12.2015
Par le Dr Jacques Lucas, CNOM (parrain e-santé)
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    « Apprivoiser les usages bénéfiques »

Peut-on continuer d’exercer la médecine en échappant au monde du numérique ? Pour soigner l’Homme de façon optimale, explique le Dr Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), délégué général aux systèmes d’information en santé, il faut l’observer dans son biotope et s’adapter à ses habitus. L’Homme du XXIe siècle s’intéresse aux nouvelles technologies. Il est illusoire pour les médecins et les professionnels de santé d’exercer leurs métiers de façon optimale sans suivre ce mouvement en intégrant les outils du numérique dans leurs pratiques.

« C’est comme vouloir échapper à l’électricité en choisissant de s’éclairer à la bougie », souligne le Dr Lucas, co-auteur du Livre blanc sur la santé connectée. La e-santé englobe aussi bien les dossiers informatisés, la télémédecine, le « e-learning », que les applications mobiles et les objets connectés. « Il ne faut pas fuir la e-santé, mais en apprivoiser les usages bénéfiques tout en restant conscient de ses limites et en utilisant les outils à bon escient », ajoute le vice-président du Conseil national de l’ordre des médecins.

Qu’il s’agisse d’un pilulier connecté pour se rappeler de prendre un médicament, d’un thermomètre relié à un patch cutané pour mesurer la fièvre chez les nourrissons ou d’un verre qui s’allume pour prévenir la déshydratation chez les personnes âgées, tous ces objets peuvent faciliter, voire améliorer la santé des usagers. Le numérique appliqué à la santé fluidifie la prise en charge médicale des usagers, qui ne sont plus, dès lors, contraints de surveiller leurs constantes, mais livrés aux objets connectés qui le font à leur place. Le déploiement du « monde numérique » dans le domaine de la médecine va révolutionner les pratiques. « Le numérique a pour but d’accroître l’autonomie de la personne, mais il ne faudrait pas que les usagers tombent paradoxalement dans la “cyberchondrie” et qu’ils en deviennent dépendants », souligne le Dr Lucas.

Ne perdons pas de vue que les données personnelles doivent être protégées pour conserver le secret médical, voire rendues anonymes lorsqu’elles sont utilisées dans les big data. Il est actuellement très difficile de préjuger si la e-santé deviendra indispensable dans les années à venir, mais elle demeure un atout indispensable pour la médecine de demain.

Propos recueillis par le Dr Valérie Auslender
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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