La chirurgie bariatrique réduit l’appétence au sucre par le biais du cerveau

La chirurgie bariatrique réduit l’appétence au sucre par le biais du cerveau

20.11.2015
  • La chirurgie bariatrique réduit l’appétence au sucre par le biais du cerveau-1

Une étude américaine publiée jeudi 19 novembre dans « Cell Metabolism » montre que la chirurgie bariatrique par bypass permet une réduction de l’appétence pour le sucre, en jouant sur le circuit de récompense du cerveau.

Le Dr Araujo, de la faculté de Yale, et son équipe décrivent ce circuit chez la souris, en montrant qu’une exposition quotidienne itérative à des apports glucosés (alors qu’elles sont déjà rassasiées) provoque chez elles une appétence élevée et inappropriée de sucre. Les auteurs remarquent qu’en revanche, la présence d’une dérivation gastro-jejunale diminue significativement cet effet chez les souris opérées.

Implication de la dopamine

Se basant sur les résultats de précédentes études montrant un rôle important de la dopamine dans la régulation des apports calorique, les auteurs ont alors comparé la sécrétion de dopamine dans le striatum dorsal de ces souris exposées à des apports sucrés itératifs, selon qu’elles sont opérées ou non. Ils constatent que chez les souris opérées, la réduction de la consommation de sucre est liée à une diminution significative de la sécrétion de dopamine par le striatum.

Ceci évoque une association entre site d’absorption du glucose (modifié lors d’un bypass), sécrétion de dopamine par le striatum, et régulation des apports sucrés. Ainsi, chez les souris normales, la présence de glucose au niveau duodénal entraîne une libération plus importante de dopamine dans le striatum que l’arrivée de glucose directement au niveau jéjunal chez les souris opérées.

Enfin, le rôle clé de l’influx dopaminergique semble confirmé par le fait que l’activation artificielle des cellules striatales productrices de dopamine chez les souris opérées suffisait à restaurer chez elles une appétence inappropriée pour le sucre dans ces conditions, identique à la population témoin.

Ces résultats ne résolvent pas l’ensemble du problème, les déterminants des effets des interventions bariatriques restant complexes et mal connus. Les auteurs espèrent cependant qu’ils pourront servir à imaginer de nouveaux outils thérapeutiques contre l’obésité, moins invasifs, qui cibleraient par exemple l’absorption ou le métabolisme du glucose à son arrivée dans l’intestin.

Clélia Delanoë
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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