Attentats : le SAMU estime être intervenu dans « de véritables zones de guerre »

Attentats : le SAMU estime être intervenu dans « de véritables zones de guerre »

Damien Coulomb
| 16.11.2015
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La prise en charge par les équipes médicales du SAMU des blessés atteints au Petits Cambodge, à la Casa Nostra, au Bataclan, rue de Charonne et Boulevard Voltaire s’est directement inspirée de celle pratiquée par le service de santé des armées au Mali ou en Afghanistan.

Les situations rencontrées par les urgentistes du SAMU étaient même plus graves que celles rencontrées par les médecins militaires sur les théâtres d’opération modernes, où les soldats sont dotés de casques en kevlar et de gilets pare-balles. « La majorité des blessés que nous avons vus étaient atteints au thorax ou à l’abdomen », précise le Pr Pierre Carli, chef du service d’anesthésie-réanimation de Necker, qui dirige le SAMU 75.

Lors du premier contact, les urgentistes étaient confrontés à des patients en hypothermie, avec des troubles de la coagulation. « Si vous remplissez le patient, vous n’allez pas compenser l’hémorragie mais l’aggraver à cause d’un cercle vicieux qui se met en place entre hypothermie, hypovolémie et troubles de coagulation », explique le Pr Carli. Pour briser ce cercle vicieux, le protocole thérapeutique repose sur une hémostase externe des lésions qui saignent, en particulier celles des membres à l’aide de garrots techniques spéciaux dotés de tourniquets et de poudres hémostatiques.

« Au lieu de rétablir une pression artérielle normale, on utilise une hypotension permissive, poursuit le Pr Carli, tant que le patient reste conscient, on accepte une tension basse autour de 7 ou 8 qui n’augmente pas le saignement. On utilise aussi des vasoconstricteurs comme la noradrénaline pour éviter l’hémodilution. »

L’autre traitement de choix est l’acide tranexamique, pour bloquer les troubles de la coagulation. L’étape suivante consiste à lutter contre l’hypothermie, notamment à l’aide de couvertures métalliques. La réanimation ventilatoire reste limitée : seuls les patients graves et comateux sont intubés.

Toujours garder des réserves

Afin d’acheminer au plus vite les 300 blessés de la nuit, dont 80 en état d’urgence absolue, aucun poste médical avancé (PMA) n’a été mis en place, à part sur le site du Bataclan où les événements ont duré plusieurs heures.

Autre point crucial : orienter les blessés vers des hôpitaux capables d’assurer immédiatement une hémostase chirurgicale. L’hôpital de la Pitié-Salpêtrière a rouvert jusqu’à 12 blocs opératoires pendant la nuit, soit 100 % de ses activités de jours, où 50 blessés dont 26 graves ont été traités.

L’autre point important développé depuis deux ans : la juste répartition des équipes. « La grosse erreur aurait été d’envoyer toutes les équipes médicales dès les premiers signalements, poursuit le Pr Carli, on a mis au point un système qui permet au SAMU de Paris, aux 3 SAMU de la petite couronne et aux 4 SAMU de la grande couronne de se renforcer les uns et les autres. »

Quand les explosions ont eu lieu au Stade de France, aucune équipe parisienne ne s’est rendue sur place. En revanche, suite aux premiers coups de feu dans Paris, des renforts des équipes des SAMU 78, 92 et 94 sont entrés dans la capitale. En tout, jusqu’à 60 équipes ont opéré en même temps, certaines restant en réserve.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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