Procès Bonnemaison : l’ex-urgentiste défend sa vocation de médecin à Angers

Procès Bonnemaison : l’ex-urgentiste défend sa vocation de médecin à Angers

12.10.2015
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Le procès en appel de Nicolas Bonnemaison s’est ouvert, ce lundi 12 octobre, à la cour d’assises du Maine-et-Loire, à Angers.

Nicolas Bonnemaison, costume noir, cravate noire et rouge, petite mallette en cuir, est arrivé peu avant 14 heures au palais de justice d’Angers au bras de son épouse, Julie Bonnemaison, entouré de ses deux conseils.
 

Avec Julie, son épouse, et ses deux conseils, Nicolas Bonnemaison arrive au palais de justice
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« Médecin de profession »

À la demande de la présidente d’audience Anne Leprieur, il a décliné son identité d’une voix peu audible, et s’est présenté comme « médecin de profession ».

L’ex-urgentiste bayonnais, poursuivi pour « l’empoisonnement » de 7 patients en fin de vie au sein de l’unité d’hospitalisation de court séjour (UHCS) de l’hôpital de Bayonne entre mars 2010 et juillet 2011, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

La cour d’assises de Pyrénées-Atlantiques l’avait acquitté le 25 juin 2014, jugeant, au terme de 11 jours de procès, que l’intention de donner la mort n’avait pas été démontrée. Mais le Parquet général avait fait appel dans la foulée.

Depuis, l’ex-urgentiste, radié à vie par l’Ordre des médecins depuis juillet 2014 (décision confirmée en décembre 2014 par le Conseil d’État) a retrouvé un poste non médical de chargé d’études au centre hospitalier de Bayonne.

Deux familles se sont constituées parties civiles

Neuf jurés dont 4 femmes ont été tirés au sort ce lundi après-midi. Trois autres jurés suppléants (deux femmes et un homme) ont été désignés, compte tenu de la longueur du procès.

Face à Nicolas Bonnemaison, deux familles se sont constituées parties civiles. Le fils et la belle-fille de Catherine Iramuno, 86 ans, décédée en avril 2011, après que Nicolas Bonnemaison lui a administré de l’hypnovel, sans informer aucun membre de la famille, attendent des « explications et une condamnation ». Le fils d’André Geffroy, décédé le 24 février 2011, Yves Geffroy, demande aussi une « condamnation de principe ». « Le Dr Bonnemaison a attendu que nous partions déjeuner pour faire ce qu’il avait à faire. Il n’a rien à faire en prison, mais il m’a privé de dire adieu à mon père », a-t-il déclaré à la presse. Aucune famille n’a porté plainte.

Rectifier les rumeurs

Après le rappel des faits, qu’il a écoutés le visage tendu et sombre, portant parfois à la bouche la main où brille son alliance, Nicolas Bonnemaison a pris la parole pour adresser ses « pensées aux patients et aux familles ». « Il leur est compliqué depuis 4 ans de faire ce travail de deuil. Si quiconque veut me rencontrer, ma porte est ouverte », a-t-il déclaré.

Ému, la main tremblant sur la bouteille d’eau, il a dit « espérer que ce qu’il va dire (lors de ce second procès) sera davantage pris en compte que les rumeurs qu’il entend depuis 4 ans, (…) » afin qu’elles soient « rectifiées ».

Nicolas Bonnemaison a ensuite répondu aux questions de la présidente sur sa vie. Il s’est dégagée l’image d’un homme pour qui la médecine est tout, depuis son terreau familial (la clinique de son père chirurgien où la mère travaillait comme aide opératoire et où les cuisinières lui préparaient son goûter lorsqu’il était enfant), jusqu’à ses rêves de lycéen, puis d’étudiant, besogneux, prêt à redoubler ses classes pour suivre sa « vocation ». Nicolas Bonnemaison est aussi revenu sur les heures sombres de sa vie : suicide de sa sœur en 2012, un père qui refait sa vie alors qu’il est lycéen, puis se suicide en 1987, ses propres épisodes dépressifs (« lassitude », préfère-t-il dire). Le Dr Bonnemaison tente de battre en brèche l’image du type fragile : « Je n’ai jamais essayé de me suicider, c’est une rumeur. »

80 témoins attendus

Le procès doit se tenir jusqu’au 24 octobre. Pas moins de 80 témoins sont attendus (contre 70 en première instance), dont l’actuel et l’ancien directeur du Centre hospitalier de la Côte basque (CHCB) Angel Piquemal, et l’actuel, Michel Glanes, Jean-Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d’éthique, Michèle Delaunay, ancienne ministre médecin, Régis Aubry, ancien président de l’Observatoire national de la fin de vie, Vincent Morel, de la Société française d’accompagnements et de soins palliatifs, Jean Leonetti, Bernard Kouchner ou encore le Dr Patrick Bouet, président de l’Ordre des médecins.

De notre envoyée spéciale à Angers, Coline Garré
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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