Première mondiale : une naissance obtenue après une greffe de tissu ovarien prélevé 10 ans plus tôt

Première mondiale : une naissance obtenue après une greffe de tissu ovarien prélevé 10 ans plus tôt

10.06.2015

C’est une première mondiale : une naissance a été obtenue chez une jeune femme après la greffe de fragments de tissu ovarien, qui avaient été prélevés pendant son enfance puis congelés pendant 10 ans. En effet, jusqu’à présent, toutes les naissances après greffe de tissu ovarien congelé concernaient des femmes dont les fragments avaient été prélevés à l’âge adulte.

Les détails de cette opération inédite apparaissent aujourd’hui dans la revue « Human Reproduction ».

La patiente d’origine congolaise est atteinte de drépanocytose diagnostiquée à l’âge de 5 ans. À 13 ans, vu la sévérité de sa maladie, les médecins, à l’université libre de Bruxelles, ont opté pour une transplantation de moelle osseuse. Avant de recevoir la chimiothérapie immunosuppressive pré-greffe, son ovaire droit a été prélevé, des fragments ont été congelés. Les auteurs précisent que la jeune patiente n’était pas encore réglée à l’âge du prélèvement, mais « montrait des signes de puberté ».

Une naissance spontanée

La transplantation a réussi, mais la patiente a dû continuer son traitement immunosuppresseur pendant 18 mois après avoir développé une réaction du greffon contre l’hôte. À 15 ans, son ovaire restant s’est révélé défaillant, et un traitement de substitution hormonale a été mis en place pour induire ses menstruations.

Dix ans plus tard, la jeune femme a exprimé un désir de grossesse.

Le traitement de substitution a été interrompu et une partie des fragments de l’ovocyte droit a été décongelée, puis greffés dans divers endroits, dont l’ovaire gauche. Cinq mois plus tard, la patiente était réglée, avec des cycles réguliers, et le tissu ovarien greffé produisait des follicules contenant des ovocytes matures. La patiente est tombée enceinte spontanément et, en novembre 2014, a mis au monde un petit garçon de 3 kg 14.

Des questions restent en suspens

D’après le premier auteur de l’étude, le Dr Isabelle Demeestre, la procédure reste à valider chez les filles prépubères. Les auteurs soulignent les limites d’utilisation de cette procédure invasive.

« Nous pensons, actuellement, que le tissu ovarien cryoconservé ne devrait être utilisé que pour la restauration de la fertilité chez les patients à haut risque d’insuffisance ovarienne, et non pour induire la puberté ou des cycles menstruels chez l’adulte », conclut le Dr Demeestre. Dans ce dernier cas, la thérapie hormonale - efficace, standardisée et non-invasive - doit être privilégiée.

Clémentine Wallace
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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