DOSSIER 2 : LES ALLERGIES ALIMENTAIRES - Les possibilités de traitement

DOSSIER 2 : LES ALLERGIES ALIMENTAIRESLes possibilités de traitement

10.04.2015
La prise en charge de l’allergie alimentaire repose, d’une part, sur un diagnostic précis et une identification des allergènes responsables et, d’autre part, sur l’apprentissage de sa gestion au quotidien (régime, trousse d’urgence, etc.).
  • DOSSIER 2 : LES ALLERGIES ALIMENTAIRES - Les possibilités de traitement-1

1. Le traitement médical

·        Anti-H1 et corticoïdes

Un premier épisode d’allergie alimentaire ou une récidive par ingestion accidentelle de l’allergène responsable nécessitent la mise en place d’un traitement symptomatique adapté à la sévérité des symptômes. L’urticaire nécessite un recours aux antihistaminiques, les corticoïdes étant destinés à la gestion de l’œdème de Quincke.
Les bêta-2 mimétiques sont, quant à eux, réservés à la crise d’asthme en gardant à l’esprit que celle-ci peut être un signe avant-coureur d’un choc anaphylactique sévère.

·        L’adrénaline

Le choc anaphylactique impose systématiquement l’injection en intramusculaire d’adrénaline, rendue rapidement possible par les stylos auto-injecteurs d’adrénaline actuellement disponibles (Anapen®, Jext®, Epipen®). Le choix de la dose à injecter est établie en fonction du poids (chez l’enfant : 0,15 mg de 10 à 30 kg et 0,30 mg au-delà de 30 kg). Chez l’adulte, deux injections sont parfois nécessaires selon la corpulence. Récemment, le groupe de travail « Allergie alimentaire » de la Société française d’allergologie (SFA) a établi un plan d’action en urgence en particulier chez l’enfant :
 
« Injecter l’adrénaline et appeler le 15 si pendant ou juste après avoir mangé : la voix change, ou apparaissent des difficultés à parler, une dyspnée, des sibilants, une toux, des vomissements, des douleurs abdominales, un prurit des extrémités (mains, pieds, tête), une sensation de malaise ou un véritable malaise avec perte de connaissance. »
 

Situations d’urgence

Cinq circonstances à la suite d’une allergie alimentaire impliquent la prescription systématique d’adrénaline : le choc anaphylactique, l’angio-œdème laryngé, l’asthme aigu grave, l’urticaire généralisée et le choc anaphylactique idiopathique.
• Dans d’autres situations, la trousse d’urgence est adaptée au cas par cas en tenant compte des facteurs favorisant une réactions sévère (antécédent d’asthme sévère, de mastocytose, syndrome d’allergies multiples, très faible quantité d’allergènes réactogène ou allergies à des allergènes reconnus comme responsables d’allergies sévères : arachide, fruits à coque, sésame, moutarde, poissons, crustacés). Le PAI (projet d’accueil individualisé) devra être rédigé chez l’enfant en fonction de la connaissance de ces éléments
 

 

2. L’induction de tolérance alimentaire

Pendant longtemps, seule l’éviction des aliments responsables constituait la meilleure stratégie de prise en charge de l’allergie alimentaire. Depuis quelques années, une solution est proposée dans le cadre de certaines allergies : l’immunothérapie aux aliments par voie orale. Elle est développée en raison, entre autres, des risques inhérents au régime d’éviction stricte : risque de sur-sensibilisation allergénique, de réaction plus sévère en cas d’ingestion accidentelle et, pour certains allergiques, déséquilibre nutritionnel. Cette alternative est plutôt proposée chez l’enfant pour des allergènes alimentaires tels que l’arachide, le lait, l’œuf et certains fruits à coque. L’induction de cette tolérance est réalisée en milieu hospitalier après un test de provocation orale, le protocole d’entretien s’effectuant ensuite à domicile. Les doses à ingérer sont réévaluées régulièrement. Certaines équipes hospitalières commencent à proposer des inductions de tolérance alimentaire chez l’adulte pour les allergies croisées aliments/bouleau.

3. L’éviction

Si l’éviction définitive de l’allergène alimentaire a longtemps été préconisée en cas d’allergie alimentaire avérée, l’attitude actuelle est un peu différente. Plusieurs cas de figures peuvent se présenter et la conduite à tenir quant à l’éviction va dépendre de plusieurs critères diagnostiques en particulier le résultat du test de provocation oral. Celui ci permet, après la réalisation de tests cutanés et/ou biologique (dosage des IgE spécifiques), de fixer le seuil de réactivité  vis-à-vis de l’allergène (dose consommée à partir de laquelle  l’allergique réagit). À partir de ce résultat, est ensuite décidée la possibilité ou non de consommer certains allergènes alimentaires sous forme de traces dans l’alimentation ou à une certaine quantité. Ce seuil de réactivité est en outre réévalué régulièrement en cas de mise en place d’une induction de tolérance alimentaire. Le dosage des IgE spécifiques peut également aider à gérer un régime d’éviction comme c’est le cas par exemple du dosage isolé des IgE des protéines de l’oeuf : l’ovomucoïde (thermostable) et l’ovalbumine (thermosensible). Un dosage IgE spécifique ovalbumine positif avec IgE ovomucoide négatif autorise ainsi la consommation d’œuf cuit .
 

4. L’éducation thérapeutique

Prenant un essor croissant dans la gestion de certaines pathologies, l’éducation thérapeutique en cas d’allergies alimentaires s’adresse plutôt aux enfants et aux adolescents, les techniques utilisées variant en fonction de l’âge. Il s’agit d’atteindre plusieurs objectifs permettant d’optimiser les compétences d’autosoin de la personne concernée. Il faut, entre autres, tenir compte de la relation triangulaire enfant, parents, soignant chez le tout-petit pour passer ensuite par une prise en charge plus autonome chez l’adolescent. Elle repose sur la sensibilisation de l’enfant et des parents pour les préparer à s’investir de plus en plus dans les soins, permettre un éventuel suivi psychosocial, savoir lire correctement un étiquetage alimentaire, etc. Ces méthodes développées sur un mode individuel ou collectif ne sont cependant pas encore dispensées dans toutes les villes.
 

À retenir

• La trousse d’urgence soit être adaptée à chaque circonstance en tenant compte de la symptomatologie observée lors des épisodes précédents et des facteurs favorisants.
• En cas de choc anaphylactique : le traitement d’urgence reste l’adrénaline injectable.
• L’induction de tolérance alimentaire permet chez l’enfant une meilleure qualité de vie.
• De nombreux programmes d’éducation thérapeutique en allergie alimentaire validées par la Haute Autorité de santé (HAS) sont en cours de développement dans de nombreux centres hospitaliers.
 


Dr Catherine Quéquet
Allergologue

 
Bibliographie
Cordebar V et coll. Éducation thérapeutique en allergie alimentaire : critères et outils d’évaluation. Revue Française d’Allergologie 2013 ; 53 (4) : 424-8.
         
Deschildre A et coll. Groupe de travail « allergie alimentaire » de la Société française d   ’allergologie. Plan d’action en cas de réaction accidentelle dans l’allergie alimentaire chez l’enfant : position du groupe de travail « allergie alimentaire » sous l’égide de la Société française d’allergologie. Revue Française d’Allergologie 2014 ; 54 (5) : 389-93.
 
http://sfa.lesallergies.fr/sfa/allergies-alimentaires
 
Jarlot-Chevaux S et coll. Protocoles de tolérance orale aux aliments : pour qui, pourquoi, comment ? Revue Française d’Allergologie 2013 ; 53 (3) : 243-7.        
 
Le Rhun A et coll. Spécificités de l’éducation thérapeutique chez l’enfant. Revue Française d’Allergologie 2013 ; 53 (3) : 319-25.
         
Sabouraud-Leclerc D et coll. Comment faire de l’ETP en individuel : l’exemple de l’asthme et de l’allergie alimentaire chez l’enfant. Revue Française d’Allergologie 2013 ; 53 (3) : 326-30.


 

Source : Lequotidiendumedecin.fr

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