La « Skunk », une variété de cannabis associée à un risque triplé de troubles psychotiques

La « Skunk », une variété de cannabis associée à un risque triplé de troubles psychotiques

17.02.2015

Toutes les variétés de cannabis ne sont pas égales dans leurs capacités à nuire. Dans une étude cas-contrôle menée dans le sud de Londres et publiée dans le « Lancet Psychiatry », les chercheurs de l’équipe du Pr Robin Murray, du King’s College, viennent de montrer qu’une variété surnommée « Skunk », « Amnesia » ou encore « Sinsemilia », selon les pays, est associée à un triplement du risque de troubles psychotiques.

Contrairement à la résine de cannabis, qui provient d’Afrique du Nord ou du Pakistan, la Skunk (signifiant « putois » et surnommée ainsi à cause de son odeur très forte) est cultivée directement à Londres, Amsterdam ou Paris, souvent par ceux qui la consomment. « La particularité de la Skunk est qu’il s’agit de plantes femelles non pollinisées, avec une très forte teneur en THC et une teneur en canabinol (CBD) proche du néant », explique le Dr Marta Di Forti, premier auteur de l’étude.

Un risque bien supérieur à celui de la résine

Avec ses collègues, le Dr Marta Di Forti a recruté 410 patients ayant eu un premier épisode psychotique et 370 contrôles avec les mêmes origines sociales et géographiques. Alors que seulement 19 % des membres du groupe contrôle déclaraient fumer de la Skunk, c’était le cas de 53 % des patients ayant déjà eu un événement psychotique. Au final, le risque de trouble psychotique était 2,92 fois plus élevé chez les consommateurs de Skunk que chez ceux qui ne consomment pas du tout de cannabis.

En 2009, la même équipe avait réalisé une première analyse, dans laquelle ils avaient comparé les risques de troubles psychotiques associés au haschich à ceux associés à la Skunk. « Notre étude avait encore peu de puissance, mais il semble bien que le risque était bien plus élevé chez les fumeurs de Skunk que chez les fumeurs de résine de cannabis qui, dans notre étude, ne présentent pas un risque significativement plus élevé que les non-fumeurs, » poursuit Marta Di Forti.

S’intéresser à ce que les patients fument

« Le message important, c’est de dire aux médecins de ne pas se contenter de demander si le patient fume du cannabis, mais aussi de s’intéresser à ce qu’il fume. Ils doivent être familiers avec la notion de puissance du cannabis », souligne Marta Di Forti.

Depuis 2009, la Skunk a atteint 80 % de la quantité de cannabis consommée en Grande-Bretagne. En France, si l’on sait que le phénomène prend également de l’ampleur, on ne dispose pas de chiffre précis. « Les Anglais et les Néerlandais ont une culture du nombre qui nous manque, déplore le Pr Amine Benyamina, psychiatre à l’hôpital Paul-Brousse, la pratique de l’autoculture est plébiscitée car les consommateurs s’exposent moins, ils n’ont pas à aller se fournir, et aussi parce qu’ils ont le sentiment d’être moins à risque de tomber sur des produits de coupes de mauvaise qualité ».

Damien Coulomb
Source : Lequotidiendumedecin.fr
Commenter 1 Commentaire
 
17.02.2015 à 23h29

« Tout çà laisse dans l' ombre une terrible question !
Faut il que ce monde soit si décevant pour que l'on éprouve le besoin de s'envoyer en l'air de plus en plus fort... Quitte a en devenir fou ? »

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