Prévention de la carence en fer chez l’enfant

Prévention de la carence en fer chez l’enfant

11.02.2015

La carence en fer est la carence nutritionnelle la plus fréquente chez les enfants dans les pays développés. Chez l’enfant né à terme, de poids normal, sans pathologie, elle est le plus souvent secondaire à des apports insuffisants en fer après l’âge de 6 mois.

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Au cours des six premiers mois de vie, les réserves de l’enfant (de l’ordre de 75 mg/kg à la naissance) sont en effet suffisantes pour couvrir ses besoins en fer, même s’il est nourri avec le lait maternel, très pauvre en fer (1 mg/L). Les apports en fer sont ensuite assurés par la diversification alimentaire et les formules infantiles, toutes enrichies en fer. L’allaitement maternel exclusif après l’âge de 6 mois ne permet pas d’assurer les besoins en fer.
 
Une prévalence élevée
La prévalence de la carence en fer, définie par un taux de ferritine sérique bas (< 12 microg/L avant l’âge de 5 ans), est estimée à 48 % à l’âge de 10 mois, 38 % à l’âge de 2 ans et 17 % à 4 ans. Les enfants nourris au sein de manière exclusive après l’âge de 6 mois ont un risque de carence en fer multiplié par un facteur quinze, avec une prévalence qui atteint 85 %. Et, chez les nourrissons recevant du lait demi-écrémé, le risque de carence en fer et d’anémie est quatre fois plus élevé que chez ceux nourris avec une formule adaptée à leur âge (pour nourrisson, de suite ou de croissance).
 
Un impact délétère sur le développement et l’immunité
Les conséquences de la carence martiale sont importantes, à la fois sur le développement psychomoteur et les capacités cognitives (coordination oculomotrice et motrice fine, langage), ainsi que sur le développement immunitaire. 
Elle expose à un risque d’anémie, définie par une hémoglobine < 10,5 g/ dL et une ferritinémie basse. Le traitement de la carence martiale avérée nécessite l’administration de sel ferreux à la posologie de 3 à 6 mg/kg/jour pendant trois à six mois. 
 
Comment la dépister ?
Le diagnostic de carence martiale se fonde sur le taux de ferritine, qui reflète les réserves tissulaires en fer directement mobilisables. Sa diminution est le signe le plus précoce de l’épuisement des réserves. Ce taux doit toutefois être interprété en fonction de l’état inflammatoire de l’enfant, un chiffre élevé par l’inflammation pouvant masquer une carence. De ce fait, les seuils de ferritine sérique retenus chez l’enfant de moins de 5 ans sont de 12 microg/L et de 30 microg/L en cas d’infection. 
 
Quelle prévention ?
La prévention de la carence en fer se fonde avant tout sur l’utilisation de formules infantiles, jusqu’à l’âge de 3 ans. 
Les enfants à risque de carence en fer doivent être dépistés : prématurés et petit poids de naissance, allaitement exclusif prolongé, milieux socio-économiques défavorisés, migrants, enfants ayant des pertes sanguines anormales (allergie aux protéines du lait de vache, reflux gastro-œsophagien). 
 
Les conseils aux parents 
Si l’allaitement maternel doit être encouragé jusqu’à l’âge de 4-6 mois, la diversification alimentaire est indispensable après 6 mois et doit apporter environ 1 mg/kg/jour de fer afin de couvrir correctement les besoins. 
En l’absence d’allaitement maternel, le lait de vache doit être proscrit car il est pauvre en fer. Le nourrisson doit recevoir une formule infantile adaptée à son âge. 
Les aliments riches en fer sont introduits lors de la diversification (viande, poisson et œufs), pour atteindre 10 g/jour (deux cuillerées à café de viande cuite mixée ou de poisson) vers l’âge de 7 mois, 15 g/jour vers 9 mois, 20 g/jour vers 10 mois, 25 g/jour vers 1 an, 30 g/jour entre 12 et 18 mois, 40 g/jour à 2 ans et 50 g/jour à 3 ans. Un demi-œuf dur équivaut à quatre cuillerées à café de viande ou de poisson. 
 
Dr Isabelle Hoppenot
 
D’après un entretien avec le Pr Christophe Dupont, hôpital Necker-Enfants malades, Paris 
 
Références
(1) Vincelet C. Statut martial d’une population d’enfants franciliens âgés de 16 à 18 mois en fonction du type de lait consommé. Santé publique 2005 ; 17 : 339-46.
(2) Dupont C et al. ; Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie. Prise en charge diététique de l’allergie aux protéines du lait de vache. Arch Pediatr 2011 ; 18 : 79-94. 
(3) Hercberg S et al. Iron deficiency in Europe. Public Health Nutr 2001 ; 4 : 537-45.
Source : Lequotidiendumedecin.fr

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